Qu'est-ce que l'AMPK et comment l'activer (par le jeûne ou l'exercice) ?
L'exercice et le jeûne de courte durée restent les stratégies les mieux étayées pour activer l'AMPK, mais leur efficacité dans les muscles n'est pas aussi certaine qu'on le prétend souvent.
L'AMPK est une protéine qui fonctionne comme le thermostat de ton métabolisme énergétique. Elle mesure en permanence l'énergie disponible dans tes cellules. Dès que cette réserve chute, l'AMPK s'enclenche et recalibre plus de 100 processus : combustion des graisses et des glucides, mais aussi élimination des composants cellulaires endommagés (autophagie, c'est-à-dire le système d'autodigestion et de recyclage de la cellule). Son action est donc systémique.
L'exercice et le jeûne sont les deux leviers les plus puissants pour activer l'AMPK. Lors du jeûne, des hormones comme le glucagon et la ghréline (l'hormone de la faim) stimulent directement l'AMPK. À l'effort, le corps fait de même via des protéines de signalisation libérées par les muscles. Le froid produit un effet comparable. Des études chez la souris montrent que le jeûne intermittent comme l'activité physique volontaire activent l'AMPK dans la paroi des vaisseaux sanguins, protégeant ainsi contre les dommages oxydatifs, un effet similaire à celui de la metformine, un médicament contre le diabète.
Ce tableau n'est pourtant pas toujours confirmé. Sept jours de jeûne n'ont pas augmenté de façon mesurable l'activité de l'AMPK dans les muscles squelettiques de treize participants. Ce résultat remet en cause l'idée reçue selon laquelle un jeûne prolongé stimule automatiquement l'AMPK musculaire. Un régime cétogène de douze semaines a même fait baisser l'AMPK dans les muscles, ainsi que la protéine qui transporte le glucose dans les cellules musculaires. C'est une découverte inattendue, car le régime cétogène est souvent présenté comme favorable à l'AMPK.
L'adiponectine, une hormone sécrétée par les cellules graisseuses, est un maillon clé entre le poids corporel et l'activité de l'AMPK musculaire. Chez les personnes présentant un excès de graisse abdominale ou un diabète gestationnel, le taux d'adiponectine est souvent bas, ce qui freine l'AMPK, réduit l'absorption du glucose par les muscles et favorise la résistance à l'insuline. L'AMPK joue également un rôle dans le cœur : lors du jeûne, elle régule l'apport énergétique au muscle cardiaque via une voie de signalisation spécifique. Toute perturbation de cette voie dégrade la fonction cardiaque dans les modèles animaux, mais ce phénomène n'a pas encore été démontré chez l'être humain.
La plupart des résultats proviennent d'études sur la souris ou de petites études humaines (n=13). Le résultat concernant le régime cétogène est issu d'un essai clinique randomisé et contrôlé chez des adultes en bonne santé, mais les tailles d'effet précises ne sont pas rapportées. Les modèles animaux ne sont pas automatiquement transposables à l'humain.