StackAge : une horloge biologique qui combine protéines et métabolites
Une horloge biologique mesurant simultanément les protéines et les petites molécules du sang prédit les maladies chroniques avec plus de précision que les méthodes antérieures. Elle a été validée sur plus de 30 000 participants.
Les horloges biologiques sont des outils qui mesurent l'âge biologique d'un organisme, par opposition à son âge civil. Elles repèrent dans le corps des signaux indiquant la vitesse du vieillissement. Les horloges existantes s'appuient souvent sur la méthylation de l'ADN ou sur un nombre limité de biomarqueurs. La nouvelle horloge, baptisée StackAge, combine deux types de données : le protéome (l'ensemble des protéines présentes dans le plasma sanguin) et le métabolome (les petites molécules telles que les sucres et les acides gras qui reflètent les processus métaboliques).
Les chercheurs ont analysé les données de 30 376 participants à la UK Biobank. StackAge prédit l'âge chronologique avec une corrélation d'environ 0,93, ce qui est élevé pour des modèles de ce type. Sur douze maladies chroniques, l'horloge améliore sensiblement la prédiction du risque, avec les effets les plus marqués pour le diabète de type 2, la maladie d'Alzheimer et la maladie rénale chronique.
Ce que mesure l'horloge
Les biomarqueurs sur lesquels StackAge s'appuie le plus se répartissent en trois grandes catégories biologiques : l'inflammation, le stress métabolique et les modifications de la matrice extracellulaire, c'est-à-dire le tissu qui entoure les cellules. Ces trois processus sont depuis longtemps associés au vieillissement et aux maladies liées à l'âge.
L'étude montre également que des facteurs liés au mode de vie, comme l'activité physique, le tabagisme ou l'alimentation, sont corrélés à un âge biologique plus élevé ou plus bas selon StackAge. Cela rend l'horloge potentiellement utile pour la recherche en prévention.
Des progrès rapides, mais des questions persistantes
Des commentaires portant sur ce domaine soulèvent une réserve importante. La création de nouvelles horloges progresse rapidement, mais leur validation pour des usages précis, comme la mesure de l'effet d'un traitement, est considérablement plus difficile. StackAge est corrélée à des issues cliniques, mais sa capacité à détecter des changements induits par une thérapie n'a pas encore été démontrée, ce qui constitue un défi fondamental pour l'ensemble du domaine.
Les résultats ont été publiés dans Briefings in Bioinformatics.