Trop regarder la télévision à la cinquantaine rétrécit le cerveau
Regarder beaucoup la télévision à l'âge adulte semble lié à des modifications cérébrales mesurables des décennies plus tard. Fait surprenant, la sédentarité en elle-même ne paraît pas être la principale responsable : les personnes qui passent de longues heures assises à effectuer un travail intellectuellement exigeant présentent des profils cérébraux plus sains.
Dans une étude portant sur environ 1 700 adultes, les grands téléspectateurs à l'âge mûr présentaient, plus tard dans la vie, des régions cérébrales réduites. Les zones touchées sont impliquées dans la mémoire, la prise de décision et le traitement visuel. Ces participants montraient également davantage de lésions de la substance blanche, le réseau de connexions entre les différentes régions du cerveau.
Les chercheurs ont distingué les comportements sédentaires passifs des comportements actifs sur le plan cognitif. Les personnes qui passaient de longues heures à des tâches intellectuellement sollicitantes -- travail de bureau ou études -- ne présentaient pas de modifications comparables dans cette étude. Cela laisse supposer que l'engagement cognitif, c'est-à-dire le degré auquel le cerveau est activement stimulé, pourrait jouer un rôle protecteur, contrairement à la consommation passive de contenus télévisés.
Pourquoi regarder la télévision diffère du simple fait d'être assis
Cette distinction importe dans les débats publics sur la sédentarité. Les mises en garde contre le fait de "trop s'asseoir" sont parfois formulées de manière trop générale ; ces résultats y apportent une nuance. Regarder la télévision combine immobilité physique et flux continu de stimulations externes, ce qui pourrait affecter le cerveau différemment d'un travail cognitif concentré.
L'étude est observationnelle, ce qui signifie qu'elle ne peut pas établir que la télévision cause ces modifications cérébrales. Les personnes aux capacités cognitives plus faibles pourraient simplement avoir tendance à choisir des loisirs plus passifs. L'association n'en reste pas moins notable et suffisamment cohérente pour être prise au sérieux.
Ce que cela signifie pour le vieillissement en bonne santé
Du point de vue de la longévité, les habitudes prises à l'âge mûr semblent façonner le cerveau des années plus tard. La cinquantaine constitue ainsi une fenêtre importante pour la prévention. L'engagement cognitif, la vie sociale et l'exercice physique sont depuis longtemps associés à un vieillissement cérébral plus sain. Cette étude ajoute une mise en garde précise sur une forme particulière de loisir passif.
Il ne s'agit pas d'abandonner la télévision. Mais la diversité des activités tout au long de la journée semble compter pour la santé cérébrale à long terme.
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