Un nouveau modèle explique pourquoi les espèces vieillissent si différemment
Pourquoi les humains vivent-ils des décennies entières là où d'autres mammifères s'éteignent en quelques années ? Un nouveau modèle mathématique apporte la première réponse unifiée à cette question.
Les biologistes étudient le vieillissement depuis des siècles, mais comparer les profils de sénescence entre espèces restait méthodologiquement ardu. Les courbes de survie d'une souris ressemblent peu à celles d'un humain ou d'un rat-taupe nu. Des chercheurs publiant dans la revue Nature Aging ont mis au point un cadre mathématique qui convertit ces données de survie en une mesure commune : la vitesse à laquelle les cellules accumulent des dommages.
Deux régimes de vieillissement, un seul modèle
Le modèle fait apparaître deux régimes distincts. Chez certaines espèces, la probabilité de mourir augmente rapidement après l'âge reproductif, les dommages cellulaires s'accumulant à un rythme croissant. Chez d'autres, dont l'être humain, cette accumulation est bien plus progressive et s'étale sur une période bien plus longue. L'étude montre que cette distinction est quantifiable et se retrouve de façon cohérente dans les données issues d'espèces très variées.
Ce cadre ouvre la voie à une meilleure transposition des résultats obtenus sur des organismes modèles, souris ou drosophiles, à la biologie humaine. Jusqu'ici, de telles comparaisons directes buttaient sur des échelles de temps trop différentes. Grâce à ce modèle, il devient possible d'exprimer le taux de vieillissement relatif d'une espèce dans des unités comparables.
Un outil pour la recherche sur la longévité
Les auteurs font valoir que leur modèle fournit une base quantitative pour s'interroger sur les raisons et les mécanismes qui font diverger les profils de vieillissement entre espèces. L'enjeu est concret pour la recherche sur la longévité : si une intervention ralentit l'accumulation de dommages chez la souris, ce modèle pourrait aider à estimer l'ampleur attendue de cet effet chez l'humain. Les chercheurs restent eux-mêmes prudents : il s'agit d'une description mathématique des profils de survie, non d'une mesure directe des mécanismes biologiques sous-jacents.