Une enzyme immunitaire protège les cellules saines de l'inflammation chez le poisson zèbre
Quand le système immunitaire attaque des bactéries, les tissus sains environnants sont en danger. Un mystère vieux de trente ans : quel gène limite ces dommages collatéraux ? Des chercheurs ont trouvé la réponse grâce au poisson zèbre.
Des scientifiques du Memorial Sloan Kettering Cancer Center ont identifié le gène responsable d'une enzyme longtemps recherchée. Cette enzyme régule le 5-oxoETE, une molécule de signalisation qui attire les globules blancs vers les foyers d'infection. L'étude a été publiée dans Nature.
Pourquoi la souris ne suffisait pas
Le gène, baptisé DHRS7, a été identifié après que les chercheurs ont désactivé systématiquement des gènes candidats dans des cellules humaines. Les souris et les rats ne possèdent pas de récepteur connu pour le 5-oxoETE. Ce système de signalisation ne fonctionne donc pas pleinement chez ces animaux. Le poisson zèbre, lui, dispose de ce récepteur. Il constitue ainsi le bon modèle pour étudier ce mécanisme dans un organisme vivant.
La découverte a réuni deux axes de recherche distincts au sein du même laboratoire. Un chercheur traquait l'enzyme mystérieuse tandis qu'un autre utilisait le poisson zèbre pour étudier la colite, en désactivant des gènes ciblés afin de comprendre leur rôle dans l'inflammation intestinale. Supprimer le récepteur devait logiquement réduire l'inflammation. Les poissons ont au contraire développé une inflammation spontanée de l'intestin, sans aucune infection. Le même phénomène est apparu lors de la désactivation de DHRS7 : l'inflammation augmentait au lieu de diminuer.
Une fonction protectrice, pas seulement activatrice
Ce résultat inattendu a conduit à une nouvelle interprétation. Le signal 5-oxoETE ne se contente pas de recruter des cellules immunitaires ; il aide aussi à empêcher ces mêmes cellules d'endommager les tissus sains voisins. Lorsque ce signal est perturbé, le corps perd un frein sur sa propre réponse immunitaire. Les chercheurs estiment que cette découverte pourrait être pertinente pour des maladies marquées par une inflammation incontrôlée, comme les maladies inflammatoires de l'intestin et l'asthme. Les conséquences concrètes pour le développement de traitements restent à déterminer.
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