Une grande étude remet en question le rôle protecteur de l'exercice sur le cerveau vieillissant
L'activité physique est largement considérée comme l'une des meilleures choses que l'on puisse faire pour son cerveau. Une vaste étude de population jette un sérieux doute sur cette affirmation, du moins chez les personnes déjà âgées.
Dans la LIFE-Adult Study, qui a porté sur plus de 2 500 participants, les chercheurs n'ont trouvé aucune donnée indiquant qu'un niveau d'activité physique plus élevé entraînait un volume hippocampique plus important ou de meilleurs résultats aux tests cognitifs. L'hippocampe est la structure cérébrale essentielle à la mémoire et à l'orientation spatiale. Des études antérieures, plus petites, avaient suggéré que l'exercice pouvait l'agrandir. Les chercheurs ont publié leurs résultats dans eLife.
Causalité inversée
Fait encore plus frappant : les analyses longitudinales suggèrent que la relation pourrait fonctionner en sens inverse. Les personnes présentant un BrainAGE élevé -- un indice mesurant à quel point le cerveau paraît plus vieux que ne le laisserait supposer l'âge réel -- étaient moins en forme physiquement lors du suivi, et non l'inverse. Cela pointe vers une causalité inversée : ce n'est pas l'exercice qui maintient le cerveau jeune, mais un cerveau au fonctionnement vieilli qui conduit à une moindre activité physique.
Les chercheurs ont également mis en évidence un biais lié à l'âge dans les auto-déclarations. Les participants plus âgés surestimaient systématiquement leur propre niveau d'activité. Cela complique l'interprétation de toute étude reposant sur des questionnaires plutôt que sur des mesures objectives.
Que faut-il en retenir concrètement ?
L'étude ne réfute pas les bienfaits de l'exercice. Elle suggère que ses effets protecteurs sur la structure cérébrale sont moins simples qu'on ne le pensait, et que les interventions devraient peut-être commencer plus tôt dans la vie. Les chercheurs préconisent que les études futures ciblent des adultes d'âge moyen plutôt que des populations plus âgées.
Pour la science de la longévité, c'est un utile recadrage. De nombreuses recommandations sur l'exercice et la santé cérébrale reposent sur des études de petite taille ou de nature observationnelle. Cette grande cohorte apporte une nuance importante au consensus qui s'était établi.
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- hippocampal volume physical activity
- BrainAGE cognitive decline
- reverse causation ageing