Une horloge biologique déréglée accélère la perte musculaire liée à l'âge
La perte de masse musculaire est l'une des conséquences du vieillissement les plus sous-estimées. De nouvelles recherches suggèrent que le dérèglement de l'horloge biologique interne joue un rôle plus important qu'on ne le pensait, et que la restaurer pourrait constituer une piste thérapeutique.
La sarcopénie est le terme médical désignant la perte progressive de masse et de force musculaires avec l'âge. Elle augmente le risque de chutes, de fractures et de décès prématuré, et pourtant aucun médicament approuvé par la FDA n'existe pour en modifier l'évolution. Les chercheurs réunissent dans un article de synthèse deux mécanismes qu'ils considèrent comme centraux : un rythme circadien perturbé (le système d'horloge biologique qui synchronise les cellules sur le cycle jour-nuit) et une inflammation chronique de bas grade.
Des horloges qui se désynchronisent
Chaque cellule contient une horloge interne qui régule le moment où se déroulent des processus précis : production de protéines, utilisation de l'énergie, réparation des tissus. Dans le muscle vieillissant, ces horloges perdent leur synchronisation. Cela influe sur la façon dont le muscle réagit à l'exercice, sur la rapidité de sa récupération et sur l'efficacité avec laquelle il traite l'insuline. Les gènes de l'horloge régulent aussi la production de signaux inflammatoires, ce qui lie étroitement inflammation et rythme circadien.
Les auteurs pointent plusieurs gènes de l'horloge qui gouvernent la biologie musculaire. Lorsque ces gènes sont perturbés chez des animaux, la perte musculaire s'accélère. À l'inverse, des interventions qui restaurent le rythme circadien, comme l'alimentation en temps restreint, l'exercice pratiqué à des horaires réguliers et certaines molécules, semblent améliorer la fonction musculaire dans des expériences préliminaires.