Des cellules immunitaires provoquent un déséquilibre inflammatoire de la moelle osseuse avec l'âge
En vieillissant, la moelle osseuse produit de plus en plus de cellules immunitaires pro-inflammatoires. Ce phénomène alimente une inflammation chronique de bas grade. Des chercheurs ont identifié les cellules responsables de ce processus et découvert un médicament existant susceptible de le ralentir.
La moelle osseuse est le site de production de toutes les cellules sanguines. En temps normal, elle génère un mélange équilibré de globules rouges, de cellules immunitaires et de plaquettes. Avec l'âge, cet équilibre bascule vers davantage de cellules myéloïdes (des cellules immunitaires liées à l'inflammation) et moins de lymphocytes. Ce phénomène, appelé biais myéloïde, contribue à l'inflammaging, soit l'inflammation chronique de bas grade associée aux maladies liées à l'âge.
Des chercheurs rapportent dans Nature Aging qu'un type précis de lymphocyte T, le lymphocyte T CD4+ cytotoxique, favorise activement ce déséquilibre. L'équipe a montré que ces cellules stimulent la production de cellules myéloïdes dans la moelle osseuse via l'axe CCL5-CCR5. CCL5 est une chimiokine, c'est-à-dire un signal chimique attracteur, qui agit par l'intermédiaire du récepteur CCR5.
Un médicament existant comme candidat
Les chercheurs n'ont pas seulement cartographié le mécanisme : ils ont aussi testé un médicament déjà approuvé, le maraviroc. Ce médicament bloque CCR5 et est utilisé dans le traitement du VIH. Chez des souris âgées, le maraviroc a partiellement rétabli l'équilibre immunitaire en réduisant le biais myéloïde. Ces résultats restent préliminaires et limités au modèle animal, mais la disponibilité clinique du médicament en fait un candidat intéressant pour des études ultérieures.
Pour la recherche sur la longévité, il s'agit d'une avancée concrète. Le biais myéloïde et l'inflammaging sont des caractéristiques du vieillissement connues depuis longtemps, mais le type cellulaire précis qui conduit ce processus restait flou. L'identification des lymphocytes T CD4+ cytotoxiques comme acteurs clés ouvre une cible d'intervention plus précise.
Que retenir à plus long terme ?
La question centrale est de savoir si le maraviroc ou des bloqueurs similaires de CCR5 peuvent produire le même rééquilibrage immunitaire chez l'humain. Des essais cliniques seront nécessaires. Des risques existent également : CCR5 joue aussi un rôle dans la défense contre les infections, et un blocage total n'est donc pas sans risque. La piste reste néanmoins prometteuse : un médicament bien connu qui semble s'attaquer à un problème immunitaire lié à l'âge.
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Recherche par exemple :
- myeloid bias hematopoiesis
- CCR5 antagonist immune aging
- cytotoxic CD4 T cell inflammaging