La pollution atmosphérique aggrave la démence, au-delà du seul vieillissement
Le vieillissement des populations fait mécaniquement augmenter le nombre de cas de démence. Mais les particules fines aussi, et probablement plus qu'on ne le pensait. Une nouvelle étude compare pour la première fois ces deux effets de manière systématique.
La démence est avant tout une maladie liée à l'âge. Quand les populations vieillissent, le nombre de cas augmente automatiquement. Il devient alors difficile d'isoler d'autres facteurs de risque. La hausse tient-elle à un plus grand nombre de personnes âgées, ou autre chose entre-t-il en jeu ?
L'étude a mesuré la part du vieillissement démographique dans la progression de la démence, puis l'a comparée à celle des particules fines, aussi appelées PM2.5. Le résultat est frappant : la pollution atmosphérique exerce un effet propre, indépendant du processus de vieillissement.
L'inflammation comme mécanisme central
Le mécanisme probable passe par l'inflammation chronique. Les particules fines pénètrent dans les poumons et la circulation sanguine. Elles irritent le système immunitaire et entretiennent une inflammation diffuse et persistante dans tout l'organisme. Le cerveau est particulièrement sensible à ce type d'inflammation systémique, qui contribuerait à la dégradation des cellules nerveuses, un processus central dans la démence.
Ce phénomène est également connu sous le nom d'inflammaging : l'augmentation progressive de l'inflammation chronique qui accompagne le vieillissement. La pollution atmosphérique semble intensifier ce processus, quel que soit l'âge.
Des politiques publiques capables de changer la donne
L'analyse montre qu'il est difficile de freiner le vieillissement démographique. La qualité de l'air, en revanche, résulte de choix politiques. Améliorer la qualité de l'air a donc un effet mesurable sur l'incidence de la démence, au-delà de ce que le seul vieillissement laisserait prévoir.
Pour la recherche sur la longévité, c'est un résultat important. Des facteurs environnementaux comme la qualité de l'air sont modifiables et influencent de façon démontrée la neurodégénérescence. La pollution atmosphérique rejoint ainsi l'alimentation, l'activité physique et le sommeil parmi les leviers concrets du vieillissement cérébral.