L'aspirine à faible dose réduit le risque de démence chez les personnes ayant un profil génétique particulier
L'aspirine a régulièrement échoué comme outil de prévention générale de la démence. Une nouvelle étude suggère pourtant qu'elle pourrait agir sur un sous-groupe génétique précis, avec un effet remarquable.
Des chercheurs ont analysé les données de personnes âgées prenant de l'aspirine à faible dose. Parmi celles qui présentaient un profil génétique spécifique, le risque relatif de démence était inférieur de 70 % à celui des personnes sans ce profil ne prenant pas d'aspirine. Chez tous les autres participants, aucun effet protecteur n'a été observé. C'est ce que rapporte l'étude.
Pourquoi la génétique change tout
Les grands études sur l'aspirine n'avaient jusqu'ici trouvé aucun bénéfice contre la démence dans la population générale. Ce nouveau résultat suggère que l'effet protecteur ne concerne qu'un sous-groupe porteur d'une variante génétique particulière. En calculant une moyenne sur l'ensemble des participants, on masque un bénéfice réel chez une partie d'entre eux. Les chercheurs estiment que cela illustre l'importance des différences génétiques individuelles pour évaluer l'efficacité d'un médicament ou d'une intervention.
Le mécanisme par lequel l'aspirine produirait cet effet n'est pas établi par l'étude. L'aspirine est connue pour réduire l'inflammation et fluidifier le sang. Or, une inflammation chronique de faible intensité est associée au développement de la démence. Il est plausible que le profil génétique influence la façon dont cette inflammation évolue, mais l'étude ne démontre pas directement ce mécanisme.
Des réserves importantes subsistent
Une réduction du risque relatif de 70 % est un chiffre considérable. Cette étude se limitait toutefois à suivre des personnes dans le temps, sans contrôler qui prenait de l'aspirine et qui n'en prenait pas. Les participants ont choisi eux-mêmes de prendre ou non de l'aspirine : ceux qui en prenaient pouvaient donc différer des autres sur d'autres aspects de leur santé. Il est donc impossible d'affirmer que l'aspirine a causé la réduction du risque. Par ailleurs, l'aspirine comporte de véritables risques, notamment un risque hémorragique élevé chez les personnes âgées. Ces résultats constituent un signal : adapter le traitement au profil génétique d'un individu pourrait jouer un rôle dans la prévention de la démence. Ils ne constituent pas encore une recommandation clinique.
Termes de recherche : aspirin dementia prevention genetic variation, chronic low-grade inflammation dementia, pharmacogenetics neurodegeneration