Le vaccin contre le zona associé à un risque réduit de démence
Les personnes âgées vaccinées contre le zona semblent nettement moins susceptibles de développer une démence. Un résultat frappant, car le vaccin cible une maladie cutanée, non une maladie cérébrale.
Le zona est provoqué par le virus varicelle-zona, le même responsable de la varicelle. Après la primo-infection, le virus reste en sommeil dans les cellules nerveuses. Quand l'immunité s'affaiblit avec l'âge, il peut se réactiver. Les chercheurs soupçonnent depuis longtemps que cette réactivation entraîne des lésions cérébrales.
Une nouvelle étude montre que le Shingrix, seul vaccin contre le zona disponible aux États-Unis, offre une protection mesurable. Les chercheurs ont suivi des résidents âgés d'établissements de soins et constaté que ceux ayant reçu au moins une dose étaient 24 % moins susceptibles de recevoir un diagnostic de démence sur une période de quatre ans, par rapport aux résidents non vaccinés. Les résultats ont été publiés dans la revue à comité de lecture Annals of Internal Medicine.
Virus et inflammation cérébrale
Une explication possible passe par une inflammation de faible intensité. Le virus varicelle-zona pourrait entretenir une inflammation chronique du système nerveux -- la neuro-inflammation -- depuis longtemps associée au développement de la démence. En freinant la réactivation virale, le vaccin pourrait également atténuer cette cascade inflammatoire.
Il s'agit d'une étude observationnelle menée auprès de résidents en établissement de soins, une population vulnérable dont les résultats ne sont pas nécessairement transposables à l'ensemble des personnes âgées. Une association statistique n'équivaut pas à une relation de causalité établie.
Un vaccin existant, un bénéfice inattendu
Ce qui rend cette étude particulièrement intéressante du point de vue de la longévité, c'est qu'aucune nouvelle thérapie n'est nécessaire. Le Shingrix est déjà largement disponible. Si l'effet protecteur se confirme dans des populations plus larges et plus diversifiées, la vaccination contre le zona pourrait prendre une place considérable dans les stratégies de prévention chez les personnes âgées.
L'étude s'inscrit dans un schéma plus large : les agents infectieux et l'activité immunitaire jouent vraisemblablement un rôle plus important dans les maladies neurodégénératives qu'on ne le pensait jusqu'ici.