Le variant génétique APOE2 protège les neurones contre les dommages
Le cerveau ne vieillit pas au même rythme chez tout le monde. Un seul variant génétique semble rendre les neurones plus résistants aux agressions. Et ce même variant est associé depuis longtemps à une vie plus longue.
Le gène APOE joue un rôle central dans le transport des graisses et du cholestérol dans l'organisme, y compris dans le cerveau. Il existe en plusieurs variants courants. Le variant APOE4 augmente considérablement le risque de maladie d'Alzheimer. Le variant APOE2 produit l'effet inverse : les personnes qui le portent vivent en moyenne un peu plus longtemps et semblent mieux protégées contre les maladies cérébrales liées à l'âge.
Une nouvelle étude sur des cultures cellulaires permet de mieux comprendre pourquoi. Cette recherche montre que les neurones porteurs du variant APOE2 résistent mieux aux signaux de stress que les cellules dotées d'autres variants. Ils survivent plus facilement à certains types de dommages cellulaires et récupèrent plus vite.
Ce que fait APOE dans le cerveau
APOE produit une protéine qui transporte des particules grasses dans le sang et les tissus cérébraux. Elle aide aussi à réparer les cellules endommagées et contribue à éliminer les agrégats de protéines nocives, notamment l'amyloïde, une caractéristique centrale de la maladie d'Alzheimer. Les différents variants de cette protéine accomplissent ce travail de façon légèrement différente. Le variant APOE2 semble assurer cet entretien plus efficacement que le variant APOE4.
Les raisons précises de cette différence ne sont encore que partiellement comprises. Les résultats obtenus en culture cellulaire ouvrent cependant une piste concrète. Si le mécanisme protecteur d'APOE2 peut être entièrement cartographié, il deviendra peut-être possible de mettre au point des traitements qui en reproduisent les effets chez les personnes porteuses de variants moins favorables.
Un long chemin de la boîte de Petri à la clinique
Les études sur cultures cellulaires constituent un point de départ. Elles révèlent ce qui est possible dans un environnement contrôlé, mais ne se traduisent pas automatiquement par ce qui se passe dans un cerveau vivant. Une boîte de culture diffère fondamentalement du tissu cérébral, avec ses cellules de soutien, ses vaisseaux sanguins et ses signaux chimiques.
Ces résultats n'en ont pas moins du poids. APOE est l'un des rares gènes dont le lien avec la longévité humaine se confirme de manière cohérente dans des études épidémiologiques menées sur des populations différentes. Chaque pas vers la compréhension de ce mécanisme rapproche des thérapies ciblées.