Les agrégats immunitaires dans les tumeurs suivent un schéma universel
Des agrégats organisés de cellules immunitaires, présents à l'intérieur des tumeurs, obéissent au même schéma structurel dans des dizaines de types de cancer. C'est la conclusion principale d'un vaste atlas spatial de l'immunité tumorale.
Certaines tumeurs contiennent des regroupements organisés de cellules immunitaires qui ressemblent aux ganglions lymphatiques présents ailleurs dans le corps. Ces structures sont appelées structures lymphoïdes tertiaires, ou SLT. Elles avaient déjà été associées à de meilleurs résultats thérapeutiques dans certains cancers, mais on ignorait si cette observation valait de façon générale.
Les chercheurs ont cartographié ces structures dans une analyse pan-cancéreuse, en comparant les schémas sur de nombreux types de cancer à la fois. Ils ont utilisé des données spatiales enregistrant la position exacte de chaque cellule dans le tissu tumoral. Le résultat est un atlas de référence des schémas de SLT couvrant des dizaines de types de cancer.
La structure prédit l'évolution
La présence et la maturité des SLT étaient corrélées à la qualité de la réponse des patients au traitement, y compris à l'immunothérapie. Les structures les plus matures, avec des zones de lymphocytes B et de lymphocytes T nettement distinctes, étaient associées à une meilleure survie. Ce schéma s'est confirmé dans plusieurs types de cancer.
Le lien avec le vieillissement est direct : le système immunitaire perd progressivement sa capacité à former et à entretenir ces structures avec l'âge. Les patients plus âgés répondent parfois moins bien à l'immunothérapie, même lorsque leur tumeur paraît comparable sur le papier à celle d'un patient plus jeune.
Une cible thérapeutique potentielle
Si les SLT constituent un indicateur fiable de la réponse au traitement, elles pourraient aussi devenir une cible thérapeutique. Des traitements favorisant la formation ou la maturation de ces structures pourraient renforcer l'efficacité des immunothérapies existantes. C'est une piste désormais activement explorée.
L'atlas lui-même constitue une référence. Les chercheurs peuvent désormais vérifier si une tumeur contient des SLT, évaluer leur degré de maturité et déterminer ce que cela a historiquement signifié pour des patients comparables. Cela améliore la base sur laquelle reposent les décisions de traitement personnalisé.