Les cellules souches intestinales vieillissent sous l'effet d'un signal inflammatoire
La paroi de l'intestin se renouvelle en permanence grâce à des cellules souches. Mais avec l'âge, ces cellules souches s'affaiblissent. Une nouvelle étude identifie un signal inflammatoire circulant dans le sang des individus âgés comme moteur principal de ce déclin.
Avec l'âge, la paroi intestinale se régénère de moins en moins efficacement. Ce phénomène accroît le risque d'infections, d'inflammation et de troubles métaboliques. Ce qui déclenche ce déclin des cellules souches intestinales est resté longtemps mal compris. L'étude, publiée dans Nature Aging, désigne TNFR1, un récepteur cellulaire qui laisse entrer la protéine inflammatoire TNF.
De l'inflammation à la perte d'énergie
Lorsque TNFR1 est activé, il inhibe un processus énergétique clé des cellules souches : l'oxydation des acides gras (bêta-oxydation). Ce mécanisme est normalement indispensable au fonctionnement des cellules souches intestinales et au renouvellement de la muqueuse. Sans production d'énergie suffisante, ces cellules ne peuvent plus entretenir le tissu. Il s'installe alors un cercle vicieux : davantage d'inflammation réduit l'énergie disponible dans les cellules souches, ce qui dégrade la fonction intestinale, ce qui alimente à son tour l'inflammation.
Le sang jeune restaure les tissus âgés
Les chercheurs ont également mené une expérience saisissante. Ils ont connecté la circulation sanguine de souris âgées et de souris jeunes, une technique appelée parabiose. Les cellules souches intestinales des souris âgées ont ensuite montré une amélioration mesurable. Cela donne à penser que les protéines inflammatoires qui circulent chez les animaux vieux sont responsables du déclin des cellules souches, et que leur élimination suffit à inverser la tendance. Du point de vue de la longévité, ce résultat est notable : il suggère que c'est l'inflammation systémique, et non le vieillissement local des cellules intestinales elles-mêmes, qui fait vieillir l'intestin. Les chercheurs soulignent toutefois qu'il s'agit de résultats préliminaires obtenus sur des modèles murins, dont la transposition à l'être humain reste à démontrer.
Parce que l'effet est transmissible dans les deux sens par la circulation sanguine, la signalisation TNFR1 devient une cible thérapeutique potentielle. Le phénomène vient en tout cas placer une nouvelle fois l'inflammation chronique de bas grade systémique — désignée sous le terme d'«inflammaging» — au cœur du vieillissement des organes.
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