Les muscles entraînés vieillissent différemment au niveau moléculaire
Les personnes qui font régulièrement de l'exercice ont des cellules musculaires qui paraissent moléculairement plus jeunes, même à un âge avancé. Une nouvelle étude montre que l'entraînement ne renforce pas seulement les muscles : il ralentit aussi le rythme auquel ils vieillissent de l'intérieur.
Des chercheurs ont analysé des tissus de muscle squelettique prélevés sur des personnes d'âges et de niveaux de forme physique variés, en examinant simultanément leurs protéines, leurs gènes et d'autres caractéristiques moléculaires — une approche connue sous le nom de multi-omique. Les adultes âgés qui s'entraînaient régulièrement présentaient environ 50 % de différences moléculaires liées à l'âge en moins par rapport à leurs pairs sédentaires. Les résultats sont publiés dans l'étude parue dans Nature Aging.
Les usines à énergie restent actives
L'un des résultats les plus frappants concerne le métabolisme énergétique. Chez les adultes âgés bien entraînés, les gènes impliqués dans la respiration cellulaire et la production d'énergie par les mitochondries — les organites chargés de fournir de l'énergie à la cellule — restaient actifs. Chez leurs pairs moins actifs, ces mêmes gènes s'étaient progressivement tus avec l'âge. Cela laisse penser que l'exercice régulier pourrait aider les cellules musculaires à maintenir leurs systèmes énergétiques plus longtemps.
Les adultes âgés entraînés présentaient également des réponses moléculaires plus marquées à une seule séance d'exercice. Leurs cellules semblaient plus réactives sur le plan des processus de réparation et d'adaptation. Cette différence de réactivité était plus faible chez les individus sédentaires. Les chercheurs suggèrent que l'entraînement laisse une sorte de mémoire moléculaire dans les cellules musculaires, les maintenant plus sensibles aux stimuli physiques.
Ce que cela signifie pour le vieillissement en bonne santé
Cette recherche apporte une base moléculaire à ce que beaucoup soupçonnaient déjà : l'exercice façonne la manière dont on vieillit. Il s'agit toutefois d'une étude d'association ; déterminer si l'entraînement est directement à l'origine des profils moléculaires observés nécessite des travaux supplémentaires. Du point de vue de la longévité, il est notable que les effets dépassent la simple force musculaire et se manifestent dans la structure moléculaire profonde des cellules elles-mêmes.
La quantité d'exercice nécessaire pour obtenir ces effets, et la question de savoir s'ils apparaissent chez des personnes qui ne commencent à s'entraîner qu'à un âge avancé, restent sans réponse. L'étude ne préconise pas de programme d'exercice particulier.
Vous souhaitez approfondir le sujet ?
Recherchez par exemple :
- mitochondrial gene expression muscle ageing
- multi-omics skeletal muscle
- molecular ageing profiles exercise