Les ovocytes de souris sont utilisés avec parcimonie pour prolonger la fertilité femelle
La fertilité féminine a une date d'expiration biologique. Mais comment l'organisme décide-t-il quels ovules sont utilisés et à quel moment ? Des chercheurs ont découvert chez la souris qu'un mécanisme tampon intelligent répartit le stock d'ovules dans le temps.
Dans l'ovaire, les ovules arrivent à maturité au sein de structures appelées follicules. Il en existe deux types : les follicules dormants, maintenus en réserve, et les follicules activés, en cours de développement. On supposait depuis longtemps que les ovules, une fois activés, étaient utilisés ou perdus relativement vite. De nouvelles recherches menées chez la souris dressent un tableau différent.
L'étude, publiée dans Nature Aging, a eu recours au traçage de lignée cellulaire, une technique qui suit des cellules individuelles dans le temps, pour cartographier la durée pendant laquelle les ovules activés restent réellement en activité. Les chercheurs ont découvert qu'une réserve secondaire existe : les ovules activés dans les follicules en croissance ne parviennent pas tous à maturité à la même vitesse. Cette variation du temps de maturation amortit l'épuisement du stock total et maintient la fertilité plus longtemps.
La variation comme stratégie de survie
La grande variation dans le temps de développement des follicules activés n'est pas aléatoire, mais fonctionnelle. En étalant ce processus, l'organisme n'épuise pas sa réserve d'un seul coup. Ce mécanisme pourrait expliquer pourquoi certaines personnes restent fertiles plus longtemps que d'autres.
Pour la recherche sur la longévité, cela est pertinent : la fertilité est l'un des premiers systèmes à vieillir chez les femelles. Comprendre comment la réserve ovocytaire est gérée pourrait à terme ouvrir des pistes pour ralentir le vieillissement reproductif. Il faut toutefois rester prudent : l'étude met en évidence un mécanisme chez la souris, pas une stratégie de traitement applicable à l'être humain.
La suite des recherches
Les chercheurs souhaitent approfondir ce principe sur des tissus humains. Si une réserve secondaire existe également chez l'humain, cela suggérerait que la durée de vie fertile est régulée de façon plus active qu'on ne le pensait. De nouvelles questions surgiraient alors sur la manière dont cette régulation s'interrompt plus tôt chez certaines personnes que chez d'autres.
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Recherche par exemple :
- folliculogenesis oocyte reserve aging
- reproductive aging mouse model
- oocyte activation lineage tracing