Les soins cardiaques pour les femmes sont insuffisants à chacune des quatre étapes de la vie
Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité chez les femmes. Pourtant, les soins qui leur sont proposés tiennent peu compte de leur biologie. Un nouveau cadre de référence élaboré par quatre sociétés médicales américaines montre comment les soins cardiaques pèchent à chaque étape de la vie féminine. Les chercheurs ont publié leurs recommandations dans la revue Circulation.
Le cœur des femmes diffère de celui des hommes. Les cellules du muscle cardiaque n'ont pas le même profil chromosomique. Les symptômes de l'infarctus varient. Les causes des maladies cardiaques se recoupent, mais ne sont pas identiques. Pourtant, les recommandations thérapeutiques et les protocoles de soins ont été élaborés pendant des décennies principalement à partir de participants masculins. L'inclusion des femmes dans les essais médicaux américains n'est devenue obligatoire qu'à partir de 1993. Ce manque de données a des conséquences médicales qui accompagnent les femmes tout au long de leur vie.
Quatre étapes de la vie, quatre angles morts
Le nouveau cadre de référence aborde les soins cardiaques à quatre étapes : les filles et adolescentes, les femmes en âge de procréer, la grossesse et la période post-partum, puis la vie après la ménopause. Chaque étape comporte des facteurs de risque spécifiques et des lacunes dans la prise en charge. La grossesse, par exemple, augmente temporairement la charge de travail du cœur. Les complications survenant pendant la grossesse peuvent être un signal précoce de maladie cardiovasculaire plus tard dans la vie. Ce lien est rarement établi en pratique clinique.
Les quatre organisations à l'origine de ce cadre sont l'American Heart Association, l'American Academy of Pediatrics, la Society for Maternal-Fetal Medicine et l'American College of Obstetricians and Gynecologists. Cette collaboration entre quatre spécialités est en elle-même remarquable. Les problèmes cardiaques des femmes sont depuis longtemps tombés dans les angles morts entre la cardiologie, la gynécologie et la médecine interne.
Une perspective sur la longévité : santé cardiaque et espérance de vie
Les maladies cardiovasculaires ne sont pas seulement la première cause de décès chez les femmes. Elles sont aussi un facteur majeur de perte d'autonomie en fin de vie. Les femmes qui survivent à une maladie cardiaque vivent plus souvent avec des séquelles durables que les hommes. Une intervention plus précoce, mieux adaptée au corps des femmes, pourrait changer la donne. Pour l'heure, cela reste une promesse plutôt qu'un résultat démontré. Ce cadre de référence constitue néanmoins un pas vers les recherches qui pourraient le concrétiser.
Le contenu des trois articles individuels publiés dans Circulation dépasse le cadre de ce résumé. Des détails supplémentaires sont disponibles dans les publications originales.
Termes de recherche pour aller plus loin : cardiovascular risk women life stages, pregnancy complications heart disease, sex differences cardiology