Pourquoi certains cerveaux résistent aux dégâts de la maladie d'Alzheimer
La plupart des personnes présentant des lésions Alzheimer étendues développent une démence. Certaines y échappent. Les scientifiques commencent à comprendre pourquoi, et la réponse pourrait tenir aux neurones immatures.
La maladie d'Alzheimer se définit par l'accumulation de plaques amyloïdes et d'enchevêtrements de protéines tau. Pourtant, certaines personnes présentent, à l'autopsie, des quantités significatives de ces lésions sans avoir souffert de problèmes de mémoire notables de leur vivant. Ce phénomène, désigné sous le terme de résilience cognitive ou de réserve cognitive, est observé depuis des décennies mais reste mal compris.
Les chercheurs ont identifié un indice : dans les cerveaux résilients, les neurones immatures, également appelés cellules précurseurs neurales, survivaient mieux aux dommages. Dans les cerveaux vulnérables, ces jeunes cellules mouraient plus rapidement. Ce sont pourtant des cellules qui contribuent normalement au renouvellement et à l'adaptation des régions cérébrales liées à la mémoire.
Les neurones immatures comme amortisseur
Ces résultats suggèrent que la capacité d'un cerveau à maintenir en vie ses neurones immatures pourrait agir comme un amortisseur face aux effets fonctionnels de la pathologie Alzheimer. Ce mécanisme ne consiste pas à empêcher les lésions elles-mêmes, mais à préserver les fonctions cognitives malgré leur présence.
Les chercheurs estiment que cette piste pourrait ouvrir une stratégie entièrement nouvelle dans la recherche sur les démences. Plutôt que de se concentrer exclusivement sur l'élimination des plaques, les approches futures pourraient viser à soutenir la survie des neurones immatures, une direction distincte de la plupart des programmes de développement médicamenteux actuels.
Un optimisme mesuré
La recherche en est à ses débuts. Les résultats reposent sur l'analyse de tissus cérébraux, et le mécanisme précis par lequel les neurones immatures survivent mieux dans les cerveaux résilients n'est pas encore élucidé. La question de savoir si cette survie peut être favorisée par un traitement, et chez quels patients, reste entièrement ouverte.
Du point de vue de la longévité, la découverte est significative. Si la résilience du cerveau vieillissant dépend en partie de la survie de cellules nouvellement générées, la neurogenèse, c'est-à-dire le processus de production de nouveaux neurones, devient une cible potentielle pour la prévention des démences dans les dernières décennies de la vie.
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