À quoi faut-il faire attention quand on achète des électrolytes ?
Pour un effort d'endurance de plus d'une heure et demie, une boisson associant sodium et glucides est utile. Pour un usage quotidien ou des séances plus courtes, un complément électrolytique n'apporte rien pour la grande majorité des gens. Il faut toujours vérifier la certification du produit et s'intéresser aux concentrations indiquées sur l'étiquette, pas à la marque.
Avant d'acheter des électrolytes, il faut se poser une question simple : pour quoi faire ? Pour la plupart des gens qui bougent ou font du sport moins d'une heure et demie, un complément alimentaire à base d'électrolytes n'apporte rien. Une revue de la littérature le dit clairement : pour les personnes en bonne santé, l'alimentation quotidienne suffit largement à compenser les pertes par la sueur et l'urine.
Au-delà de 60 à 90 minutes d'effort intense, une boisson sportive contenant à la fois du sodium et des glucides devient utile. Il faut lire l'étiquette : la boisson doit apporter environ 0,5 à 0,7 gramme de sodium par litre et contenir 4 à 8 % de glucides. La quantité recommandée pendant l'effort est de 600 à 1 200 mL par heure. Les marques bon marché qui respectent ces valeurs sont aussi efficaces que les marques haut de gamme – ce qui compte, c'est la concentration, pas le nom sur l'emballage. Les boissons qui ne contiennent que des électrolytes, sans glucides, retiennent moins bien l'eau que la combinaison des deux.
Pour maximiser la rétention d'eau, les solutions de réhydratation orale (SRO, utilisées notamment en cas de diarrhée) donnent les meilleurs résultats. Dans une étude, les participants ayant consommé une SRO ont retenu nettement plus d'eau qu'après avoir bu de l'eau ordinaire, alors qu'une boisson sportive classique ne faisait pas mieux que l'eau dans ce même protocole. La SRO n'est toutefois pas conçue comme boisson sportive : sa composition est différente.
Il faut rester critique face aux produits qui ajoutent des acides aminés ou d'autres ingrédients. Une petite étude, financée par le fabricant lui-même, n'a observé aucune différence de performance à la course par rapport à l'eau ou à une boisson sportive classique. Dans cette même étude, l'allégation concernant la réduction des crampes musculaires repose sur les déclarations de vingt participants seulement et n'est pas indépendante sur le plan financier : ce n'est pas suffisant pour en tirer des conclusions fiables.
La réglementation sur les compléments alimentaires est par ailleurs moins stricte qu'on ne le croit. Ce qui figure sur l'étiquette ne correspond pas toujours à ce que contient réellement le produit. Il vaut mieux vérifier qu'il est certifié par un organisme indépendant qui contrôle la composition. Enfin, les besoins varient d'une personne à l'autre : celles qui transpirent beaucoup ou dont la sueur est très salée ont des besoins différents de celles qui transpirent peu, à effort égal. Une approche unique ne convient pas à tout le monde.
Cette réponse s'appuie sur plusieurs essais cliniques randomisés et diverses revues publiées par de grandes organisations sportives comme l'ACSM et l'ADA. Les preuves en faveur de la combinaison sodium-glucides pour les sports d'endurance sont assez cohérentes. L'étude portant sur la boisson électrolytes-acides aminés était petite (20 participants) et sponsorisée par le fabricant, ce qui en limite la fiabilité. Les recommandations sur la personnalisation et la sécurité des compléments alimentaires proviennent de revues et reposent sur des bases expérimentales plus limitées.