À quoi sert un complément de NAD+, et est-ce que ça fonctionne chez l'humain ?
Les compléments de NAD+ élèvent le taux de NAD+ dans le sang de façon mesurable, mais leur utilité concrète pour la santé reste incertaine. Si l'on souhaite en prendre, mieux vaut garder des attentes réalistes et choisir un dosage soutenu par les meilleures preuves disponibles.
Le NAD+ est une molécule présente dans chaque cellule du corps. Il libère l'énergie contenue dans les aliments et active des enzymes impliquées dans la réparation de l'ADN ainsi que dans le ralentissement du vieillissement. Avec l'âge, le taux de NAD+ diminue. Ce lien est bien documenté chez l'animal ; chez l'humain, il est plausible, mais rien ne prouve encore que cette baisse soit la cause des problèmes observés.
La capacité d'un complément à inverser cette baisse a surtout été étudiée, chez l'humain, avec le NR (nicotinamide riboside). Le résultat est clair : entre 100 et 1 000 mg de NR par jour élèvent le taux de NAD+ dans le sang et les muscles squelettiques de 22 % à 142 %, selon la dose. C'est l'une des conclusions les plus solides de la recherche disponible. Pour augmenter son taux de NAD+ en bonne santé, les preuves en faveur du NR et du NMN (nicotinamide mononucléotide) sont comparables ; le point de départ recommandé est de 300 à 600 mg de NMN par jour ou 1 000 mg de NR par jour, pendant au moins 8 à 12 semaines. Mais un taux sanguin plus élevé ne dit encore rien sur les bénéfices concrets pour la santé.
C'est précisément là que le bât blesse. Un essai clinique rigoureux mené chez des personnes en surpoids prenant 1 000 mg de NR par jour n'a montré aucun effet sur la sensibilité à l'insuline, la fonction mitochondriale (la capacité des cellules à produire de l'énergie), la teneur en graisses du foie ou des muscles, la pression artérielle ni les marqueurs d'inflammation. Les grandes promesses venues des études animales ne se sont pas concrétisées. Une petite étude menée chez des hommes âgés a observé une baisse des substances inflammatoires dans le sang, sans amélioration du fonctionnement des mitochondries musculaires. Même avec davantage de NAD+ dans les muscles, ceux-ci ne fonctionnaient pas mieux au niveau cellulaire.
Une petite étude croisée menée chez des adultes d'âge moyen et des personnes âgées en bonne santé a relevé, après 500 mg de NR par jour pendant 6 semaines, des signes de baisse de la pression artérielle et de moindre rigidité des artères – mais les chercheurs eux-mêmes ont souligné que des études plus larges sont indispensables pour le confirmer. Certaines études sont financées en partie par ChromaDex, le principal fabricant de NR, et une partie des auteurs y travaille ou le conseille. Cela concerne ces études précises, pas l'ensemble des recherches présentées ici.
Dans les études allant jusqu'à 8 semaines, le NR est bien toléré. Aucune rougeur cutanée notable (contrairement à la vitamine B3 classique), aucune hausse du mauvais cholestérol et aucun autre effet indésirable marquant n'ont été rapportés. Au-delà de 8 semaines, les données chez l'humain restent trop limitées pour se prononcer sur la sécurité à long terme.
Cette réponse s'appuie sur quatre essais cliniques randomisés menés chez l'humain, complétés par trois articles de synthèse sur les mécanismes et la biologie du NAD+. La conclusion selon laquelle les compléments élèvent le taux de NAD+ repose sur des preuves solides ; celles concernant les bénéfices pour la santé restent minces et contradictoires. Les chercheurs eux-mêmes signalent la nécessité d'études plus larges, et deux études proviennent du fabricant de compléments ChromaDex.
Quels sont les effets d'une prise quotidienne de NAD ?
Prendre 600 à 900 mg de complément NAD par jour augmente tes taux de NAD et améliore légèrement ton endurance, mais la sécurité à long terme n'a pas encore été sérieusement étudiée.
Les compléments alimentaires à base de NAD+ (NMN/NR) valent-ils vraiment quelque chose ?
Le NMN et le NR élèvent de façon mesurable le NAD+ dans le sang et semblent sûrs, mais leur effet réel sur la force musculaire, le cœur ou la mémoire est loin d'être démontré chez l'humain. À noter également : le NR est autorisé comme complément alimentaire dans l'UE, mais pas le NMN – du moins pas encore.
À partir de quel âge est-il utile de prendre du NAD+ ?
Il n'existe pas d'âge établi à partir duquel la supplémentation en NAD+ devient utile. Les études se concentrent sur les adultes d'âge moyen et plus âgés, mais un bénéfice fonctionnel mesurable chez l'humain n'a pas encore été démontré.
Les compléments alimentaires en NAD+ ralentissent-ils le vieillissement biologique ?
Les compléments en NAD+ augmentent bien le taux de NAD+ dans le sang, mais rien ne prouve, chez l'être humain, que cela se traduit par un vieillissement biologique ralenti. La question est prometteuse, mais les conclusions solides manquent encore : il vaut la peine de suivre les grandes études à venir avant de s'engager dans cette voie.
Quels compléments alimentaires ou médicaments ne faut-il pas associer au NAD+ ?
L'association de compléments contenant du NAD+ – en particulier la nicotinamide – avec une chimiothérapie à base de platine constitue la mise en garde la plus solide. Pour les autres interactions, les indices sont préliminaires, mais valent la peine d'être abordés avec un professionnel de santé dès que l'on prend plusieurs substances en même temps.
Une perfusion de NAD+ fait-elle quelque chose qu'une pilule de NMN ne fait pas ?
Aucune étude ne compare directement une perfusion de NAD+ à une pilule de NMN prise par voie orale, donc aucun avantage de la perfusion n'a été établi. Le NMN oral augmente les taux de NAD+ dans le sang de façon mesurable, mais ses effets concrets sur la santé restent pour l'instant incertains.