Le qigong permet-il de rester en forme en vieillissant ?
Les études montrent que le qigong aide les personnes âgées sur le plan de l'équilibre, de la musculature, des capacités physiques et vraisemblablement aussi de la cognition. Les preuves sont de solidité modérée, mais les effets sont suffisamment cohérents pour mériter d'être pris au sérieux.
Pratiquer le qigong trois fois par semaine améliore nettement les capacités physiques des personnes âgées de 62 à 83 ans, comparé aux soins habituels. Les études de moindre qualité affichent des effets plus marqués que les meilleures, ce qui gonfle probablement un peu les chiffres les plus élevés. La tendance reste néanmoins clairement positive.
L'équilibre et la prévention des chutes constituent sans doute l'application la mieux documentée. Plusieurs études montrent que le qigong améliore l'équilibre et réduit le risque de chute, parfois aussi bien – voire mieux – que d'autres programmes d'exercice dédiés à la prévention des chutes. Pour les personnes âgées, c'est concrètement l'un des effets les plus utiles.
Du côté de la musculature, des études menées chez des personnes âgées présentant une perte musculaire importante liée au vieillissement ont observé des progrès sur la force de préhension (+2,4 kg), la vitesse de marche et la capacité à se lever d'une chaise. Cela suggère que le qigong est utile même lorsque des problèmes musculaires et de mobilité sont déjà installés, pas seulement en prévention.
Les fonctions cognitives s'améliorent également, dans une moindre mesure. La mémoire, les capacités langagières et la planification des tâches progressent chez des personnes âgées en moyenne de 70 ans. Cet effet sur la cognition est indépendant de l'amélioration physique, ce qui indique qu'il ne s'explique pas uniquement par une meilleure condition générale.
Sur la qualité du sommeil, les signaux sont positifs, notamment pour le style Baduanjin (environ 2 points de mieux sur l'échelle de sommeil standard). Les études se contredisent davantage sur ce point que sur les autres résultats, et les chercheurs eux-mêmes jugent ce niveau de preuve faible. Pour la dépression et l'anxiété, les résultats sont encourageants mais pas encore statistiquement convaincants. Aucune étude n'a signalé d'effets indésirables graves.
Cette réponse repose sur huit grandes synthèses de la littérature scientifique, dont la plupart regroupent également les résultats d'études individuelles. Les chercheurs eux-mêmes évaluent la solidité des preuves comme faible à modérée, notamment en raison de différences importantes entre les études et d'un risque de biais dans certaines d'entre elles. Pour les résultats sur le sommeil, les auteurs qualifient explicitement ce niveau de preuve de faible. Les résultats physiques reposent sur des preuves plus solides, mais les chercheurs signalent là aussi la qualité limitée d'une partie des études sous-jacentes.