L'effet yoyo, alterner les prises et les pertes de poids, est-il mauvais pour toi ?
L'effet yoyo comporte des risques réels, surtout pour le cœur et le bien-être psychologique, même si certains effets redoutés, comme un ralentissement du métabolisme, ne sont pas prouvés. Viser un poids stable et tenable est plus sain qu'enchaîner les régimes stricts suivis de rechutes.
Au moins un tiers des personnes qui suivent un régime finissent par reprendre plus de kilos qu'elles n'en avaient perdus. Des études prospectives montrent que multiplier les régimes, surtout jeune, prédit une prise de poids future et l'obésité. L'effet yoyo rate donc sa cible pour beaucoup de monde.
De grandes études épidémiologiques font le lien entre un poids très fluctuant et une mortalité plus élevée, en particulier par maladies cardiovasculaires. Attention : ce sont des associations observées dans des études de population, pas la preuve que l'effet yoyo en est la cause. D'autres facteurs, comme des maladies préexistantes ou des troubles alimentaires, peuvent fausser le tableau.
Les personnes de poids normal semblent davantage exposées que celles en surpoids qui font la même chose. À chaque rechute, la tension artérielle et la glycémie peuvent temporairement dépasser les valeurs normales, ce qui sollicite le système cardiovasculaire. Une explication biologique est que le tissu adipeux manque brièvement d'oxygène lors d'une reprise de poids rapide, libérant ainsi des substances inflammatoires. Ce mécanisme n'a toutefois pas encore été confirmé chez l'humain.
Deux idées reçues ne sont pas confirmées par les recherches. L'effet yoyo ne ralentit probablement pas le métabolisme au repos de façon permanente, et la tentative de minceur suivante ne progresse pas forcément moins vite. La masse musculaire ne disparaît pas non plus au profit de la graisse sous l'effet de variations de poids répétées. Tant chez les humains que dans les études sur l'animal, la composition corporelle est restée globalement stable sur le long terme.
Ce qui semble, en revanche, être un risque réel : les troubles psychologiques. Plusieurs études relient l'effet yoyo aux crises de boulimie, à une image de soi plus négative et à une plus grande insatisfaction face à la vie. Pour les personnes souffrant d'obésité sévère, les experts sont clairs : les bénéfices de la perte de poids l'emportent encore sur les risques de l'effet yoyo, mais l'objectif doit être un changement durable des habitudes alimentaires et d'activité physique, pas une courte période de régime strict.
Fondé sur des revues de littérature, une méta-analyse et des études épidémiologiques. Aucun grand essai clinique randomisé n'est disponible ; une partie des associations avec la mortalité et les maladies provient d'études de population dans lesquelles le lien de causalité est difficile à établir.