Les agonistes du GLP-1 peuvent-ils régénérer les cellules du pancréas ?
Les agonistes du GLP-1 régénèrent les cellules bêta chez les rongeurs, mais cet effet n'a pas encore été démontré chez l'humain. En l'absence de données cliniques, on ne peut pas compter sur ce mécanisme comme objectif thérapeutique.
Chez les rongeurs diabétiques, les agonistes du GLP-1 stimulent la formation et la multiplication des cellules bêta du pancréas. Ils les protègent aussi contre la mort cellulaire. De nouvelles cellules bêta se forment à partir de cellules précurseurs situées dans les canaux pancréatiques. Ce phénomène a été observé dans plusieurs modèles animaux, et il s'applique également à une famille de médicaments apparentés, les inhibiteurs de la DPP-4.
Chez l'être humain, le tableau est différent. Les agonistes du GLP-1 en monothérapie ne parviennent pas à augmenter de façon mesurable la division des cellules bêta humaines. Ils stimulent bien la sécrétion d'insuline et réduisent l'appétit, mais aucune régénération des cellules bêta n'a été démontrée chez des personnes vivantes. On ignore également si la formation de nouvelles cellules bêta à partir de précurseurs, telle qu'observée chez l'animal, est active chez l'humain.
Des données préliminaires issues de travaux en laboratoire et chez la souris suggèrent qu'associer un agoniste du GLP-1 à un composé expérimental bloquant un frein à la croissance cellulaire (la kinase DYRK1A) amplifierait l'effet. Dans ces expériences, la multiplication des cellules bêta est passée d'environ 2 % à 5 ou 6 %, sans que les cellules perdent leur identité. Ces résultats sont intéressants, mais cette association reste expérimentale, non approuvée, et les expériences chez la souris n'ont duré qu'une semaine.
Les agonistes du GLP-1 protègent les cellules bêta contre la mort cellulaire programmée. Cet effet a aussi été observé sur des îlots humains isolés en laboratoire. Mais les auteurs des revues de littérature laissent délibérément ouverte la question de savoir si cette protection se traduit par une perte moindre de cellules bêta chez des patients diabétiques en vie. Les données cliniques prouvant un changement mesurable de la masse de cellules bêta chez l'humain font entièrement défaut.
Cette réponse s'appuie sur plusieurs articles de synthèse portant sur la biologie du GLP-1, ainsi que sur une étude non indexée spécifiquement consacrée à l'association avec un inhibiteur de DYRK1A. Les résultats animaux sont largement décrits et cohérents, mais les données cliniques humaines directes sont totalement absentes. Les auteurs des revues soulignent eux-mêmes que la question d'un éventuel effet des agonistes du GLP-1 sur la masse de cellules bêta chez l'humain reste sans réponse. Les preuves concernant l'association expérimentale proviennent d'études en laboratoire et chez la souris de courte durée : elles restent donc très limitées.