Les nucléotides peuvent-ils réduire l'âge biologique ?
Les compléments de NAD+ augmentent de façon mesurable le taux de NAD+ dans le sang et ont, dans une étude, freiné la hausse de l'âge biologique – sans le faire reculer activement. Les preuves restent trop limitées pour tirer des conclusions fermes, mais 600 à 900 mg de NMN par jour semble sans danger et a aussi amélioré la capacité à marcher dans cette même étude.
Le NAD+ est une molécule présente dans chaque cellule du corps. Il joue un rôle central dans la production d'énergie, la réparation de l'ADN et la réduction des inflammations. Avec l'âge, son taux diminue, et cela semble accélérer tous les processus de vieillissement connus. Des compléments alimentaires dits « précurseurs du NAD+ », comme le NMN ou le NR, augmentent de façon mesurable le taux de NAD+ dans le sang et les cellules. Plusieurs études chez l'humain ont confirmé cet effet de manière cohérente.
Que cette hausse réduise pour autant l'âge biologique est une autre question. Dans une étude menée auprès de quatre-vingts participants, l'âge biologique mesuré dans le sang a augmenté en deux mois dans le groupe placebo, tandis qu'il est resté stable dans les groupes prenant du NMN. Le NMN a donc peut-être freiné la progression, sans pour autant faire reculer l'âge biologique. Cette même étude a aussi montré une amélioration nette de la capacité à marcher: les personnes qui prenaient 600 ou 900 mg par jour parcouraient une distance clairement plus longue lors d'un test de marche de six minutes. C'est encore une seule étude de deux mois, mais c'est un signal encourageant.
Sur d'autres indicateurs de santé mesurables, comme le métabolisme ou le niveau d'énergie, les résultats chez l'humain sont variables. Certains critères s'améliorent, d'autres non. Les résultats obtenus chez l'animal – où les substances qui augmentent le NAD+ amélioraient systématiquement la durée de vie et la fonction musculaire – ne se sont pour l'instant que partiellement retrouvés chez l'humain.
Jusqu'à 900 mg de NMN par jour semble sans danger et bien toléré; les études disponibles ne signalent pas d'effets indésirables notables. La sécurité sur plusieurs années n'a pas encore été établie. Les perfusions de NAD+ administrées en clinique de bien-être n'ont, elles, fait l'objet d'aucune étude chez l'humain, ni sur leur efficacité ni sur leur sécurité. La trigonelline, une substance présente notamment dans le café, est une nouvelle venue prometteuse: elle pourrait elle aussi aider le corps à fabriquer du NAD+. Des études sur des cellules et chez l'animal montrent qu'elle améliore la force musculaire et le fonctionnement des centrales énergétiques des cellules, mais aucune étude chez l'humain n'a encore été réalisée.
Cette réponse s'appuie sur plusieurs articles de synthèse et sur une étude chez l'humain (80 participants, 60 jours, NMN 300-900 mg/jour). Le fait que les compléments de NAD+ élèvent le taux de NAD+ repose sur des preuves solides. Les effets sur l'âge biologique et les autres indicateurs de santé chez l'humain, en revanche, ne reposent que sur une courte étude à faible effectif utilisant une mesure calculée par ordinateur. Les auteurs de la synthèse soulignent eux-mêmes que les études disponibles chez l'humain sont petites et de courte durée, et que des études plus larges et plus longues sont nécessaires. Les données chez l'animal sont régulièrement positives, mais elles ne se transposent pas automatiquement à l'humain.