Que sait-on des patchs à la berbérine ?
Les patchs à la berbérine donnent des résultats intéressants en laboratoire et chez l'animal pour les plaies, l'eczéma, le psoriasis et les douleurs articulaires. Aucun essai chez l'humain n'ayant encore été réalisé, il n'est pas possible d'en tirer des conclusions cliniques à ce stade.
Les patchs à la berbérine existent sous de nombreuses formes : hydrogels, membranes de nanofibres, systèmes à microaiguilles et gels à vésicules lipidiques. Leur point commun est de vouloir délivrer la berbérine, un alcaloïde d'origine végétale, directement à travers ta peau, afin qu'elle agisse localement sans transiter par l'intestin. En laboratoire, un patch-hydrogel à base de cellulose libère plus de 100 microgrammes de berbérine par centimètre carré en 24 heures à travers une peau artificielle, sans endommager les cellules cutanées.
Pour le soin des plaies, des expériences en laboratoire montrent qu'une membrane de nanofibres chargée en berbérine absorbe le sang plus vite et favorise la coagulation mieux qu'une compresse classique, tout en agissant contre un large spectre de bactéries. Un hydrogel à base de carboxyméthylcellulose a réduit, sur des cultures cellulaires, le stress oxydatif et la prolifération excessive de cellules qui freinent la cicatrisation des plaies chroniques, avec environ 25 % de croissance indésirable en moins.
Pour les maladies cutanées comme le psoriasis et l'eczéma, les données proviennent d'études chez la souris. Un hydrogel à la berbérine a réduit chez des souris avec un eczéma provoqué artificiellement les rougeurs, les croûtes et les marqueurs d'inflammation caractéristiques, tout en améliorant la barrière cutanée. Pour le psoriasis, une combinaison de berbérine et de mangiférine dans un gel autoformant s'est révélée plus efficace que chacune des substances seule, en partie parce qu'elle semblait freiner un mécanisme immunitaire précis, celui par lequel certaines cellules immunitaires libèrent des structures en forme de filets. Un système à microaiguilles inspiré de la technique traditionnelle de ventouses a fait pénétrer la berbérine plus efficacement dans la peau et a réduit l'inflammation lors d'expériences en laboratoire et sur des animaux.
Pour les douleurs articulaires, des chercheurs ont testé un patch à microaiguilles combinant berbérine et sinoménine chez des souris atteintes de polyarthrite rhumatoïde : la combinaison a mieux réduit l'inflammation et la formation anormale de vaisseaux sanguins dans les articulations que chacune des substances prise isolément. Un autre gel contenant de la berbérine dans des vésicules lipidiques a réduit la dégradation du cartilage chez des animaux arthritiques, sans dommage détecté au foie ou aux reins. Ce sont des signaux de sécurité intéressants, qui n'ont toutefois pas encore été confirmés chez l'humain.
Toutes ces données proviennent exclusivement de recherches en laboratoire et sur des animaux. Aucun essai clinique chez l'humain n'a encore été conduit. On ne sait donc pas si ces patchs sont sûrs et efficaces chez l'humain, ni quel type convient le mieux à quelle indication. C'est un domaine de recherche actif, mais il est bien trop tôt pour un usage pratique.
Les huit sources sont des publications non indexées comme essais cliniques randomisés ni comme revues systématiques. Les données proviennent entièrement d'expériences en culture cellulaire (in vitro) et sur des animaux (in vivo). Aucune source ne contient de données cliniques issues d'essais chez l'humain.