Quelles sont les valeurs hormonales normales chez la femme, et comment les faire mesurer ?
Il n'existe pas de norme universelle pour les hormones féminines : elles dépendent de l'âge, de la phase du cycle et de la méthode de mesure. Les dosages doivent toujours être encadrés par un médecin qui tient compte de ce contexte, en particulier pour la testostérone.
Les valeurs hormonales féminines dépendent fortement de l'âge et de la phase du cycle, ce qui rend impossible toute norme universelle. La LH, la FSH, l'œstradiol et la progestérone fluctuent d'un jour à l'autre selon le cycle. Les valeurs de référence n'ont de sens que rattachées à une phase précise – de préférence autour de l'ovulation. Pour faire doser les hormones du cycle, il faut donc convenir à l'avance avec son médecin du jour exact où la prise de sang sera réalisée.
L'AMH (hormone antimüllérienne) est l'hormone qui reflète le mieux la réserve ovarienne restante. Elle diminue régulièrement à partir de la vingtaine, puis plus rapidement à l'approche de la quarantaine. Les valeurs de référence varient beaucoup selon l'âge : entre 1 et près de 10 ng/ml chez les femmes de 20 à 24 ans, contre 0,01 ng/ml chez celles de 48 à 49 ans. L'AMH peut être mesurée à n'importe quel moment du cycle, ce qui en fait un indicateur pratique.
La FSH n'augmente que tardivement avant la ménopause ; l'inhibine B diminue plus tôt, et l'œstradiol ne baisse nettement qu'environ deux ans avant les dernières règles. Une seule mesure de FSH renseigne donc peu sur le statut ménopausique, en raison de sa grande variabilité d'un jour à l'autre.
La testostérone féminine est un cas particulier. Les valeurs normales sont mal définies et varient sensiblement selon le laboratoire et la méthode utilisée. La mesure la plus fiable est celle de la testostérone libre par dialyse à l'équilibre, une technique spécialisée ; en pratique, la testostérone libre calculée – à partir de la testostérone totale et de la SHBG (la protéine de transport qui fixe la testostérone) – constitue une bonne alternative. Les tests rapides courants sur prise de sang au doigt ou par immunodosage direct sont moins fiables. Par ailleurs, la testostérone ne chute guère pendant la ménopause elle-même ; des symptômes comme la baisse de libido sont alors plus souvent liés à la diminution de l'œstradiol. Des valeurs de référence harmonisées pour la testostérone féminine n'existent pas encore : un projet international est en cours pour les établir, mais n'est pas finalisé.
Pour faire doser ses hormones, la première étape est d'en parler à son médecin généraliste ou à son gynécologue, qui déterminera quels dosages réaliser et à quel moment. Il est utile de préciser le jour du cycle, l'âge et la méthode de mesure, car ces paramètres conditionnent directement la lecture des résultats.
Cette réponse s'appuie sur des revues de littérature, une large étude multicentrique portant sur plus de mille femmes en bonne santé, et des études plus petites sur la mesure de la testostérone et les variations hormonales à la ménopause. Les valeurs de référence de l'AMH sont les mieux étayées. Les preuves sont les plus limitées pour la testostérone : des experts internationaux reconnaissent que des valeurs de référence fiables pour les femmes font encore défaut et que des normes harmonisées sont toujours en cours d'élaboration.