Quels compléments alimentaires soutiennent vraiment les défenses immunitaires ?
Certains compléments alimentaires soutiennent bien les défenses immunitaires, mais l'effet est surtout marqué en cas de carence : mieux vaut donc vérifier son taux de vitamine D ou de zinc avant de se supplémenter de façon ciblée.
Corriger une carence reste le point de départ le mieux étayé. Un large consensus, établi sur plusieurs tranches d'âge, montre qu'un manque de vitamine A, B6, B12, C, D, E, folate, zinc, fer, sélénium, magnésium ou cuivre affaiblit clairement les défenses immunitaires et augmente le risque d'infection. Une supplémentation qui corrige cette carence est efficace de façon fiable. En revanche, prendre des compléments en plus d'un apport déjà suffisant apporte un bénéfice beaucoup moins certain.
La vitamine D dispose des preuves les plus solides en matière de prévention des infections. Plusieurs essais cliniques randomisés combinés montrent une réduction modeste mais mesurable du risque infectieux, surtout chez les personnes carencées. Lorsque le taux sanguin est déjà normal, le bénéfice est plus faible et moins certain. La vitamine D joue aussi un rôle dans les maladies auto-immunes : un taux bas est associé à des pathologies comme la sclérose en plaques ou le lupus, mais les essais randomisés portant sur le diabète de type 1 et les maladies intestinales ne montrent que des effets modestes. La supplémentation comme traitement de ces maladies n'est pas encore suffisamment étayée.
Le zinc raccourcit la durée de la maladie, sans pour autant prévenir les infections. Plusieurs essais randomisés regroupés montrent que le zinc peut réduire la durée des symptômes respiratoires d'environ 47 % chez les personnes déjà malades. La probabilité d'attraper une infection ne diminue pas de façon démontrable. L'effet est le plus net chez les personnes carencées en zinc ; celles qui en reçoivent déjà assez en tirent probablement moins de bénéfice.
La vitamine C procure un avantage modeste en prévention. Un apport quotidien de 100 à 200 mg réduit le risque d'infection respiratoire d'environ 4 %, et les personnes qui tombent quand même malades sont en moyenne 9 % moins longtemps indisposées. Les doses en grammes dès le début d'une infection sont moins bien étudiées et les preuves correspondantes sont plus fragiles. Deux auteurs d'une revue impliquée dans ce domaine ont des liens avec un fabricant de produits vitaminés ; les résultats sont également confirmés par d'autres sources, mais ce conflit d'intérêts mérite d'être gardé à l'esprit.
Cette réponse s'appuie sur plusieurs revues et une méta-analyse d'essais randomisés portant sur la vitamine C, la vitamine D et le zinc. Les preuves sont les plus solides et les plus cohérentes pour la correction des carences. Concernant la vitamine D dans les maladies auto-immunes, les données sont plus minces : les effets observés dans les études d'observation sont plus importants que ceux des essais randomisés, ce qui suggère que d'autres facteurs entrent en jeu. Pour la vitamine C, deux auteurs d'une revue ont un lien potentiel avec l'industrie, mais les résultats sont corroborés par d'autres sources indépendantes.