Qu'est-ce qu'un régime pauvre en graisses fait au taux de testostérone ?
Les études montrent qu'un régime pauvre en graisses peut légèrement abaisser la testostérone, mais les résultats sont contradictoires. Ce qui se dégage avec un peu plus de constance: manger trop peu de calories influence les hormones davantage que la quantité de graisses dans l'alimentation.
Deux grandes synthèses des études disponibles aboutissent à des conclusions opposées. La première, portant sur six petites études, a constaté que les hommes suivant un régime pauvre en graisses avaient en moyenne un taux de testostérone légèrement plus bas que ceux dont l'alimentation était plus riche en graisses – qu'il s'agisse de la testostérone totale, de la testostérone libre ou de celle mesurée dans les urines. L'écart était un peu plus marqué chez les hommes d'origine européenne. Une synthèse ultérieure, plus large, portant sur onze études et près de 900 personnes, n'a en revanche trouvé aucun effet notable d'un régime pauvre en graisses sur la testostérone ou les autres hormones sexuelles. Les deux conclusions se contredisent directement.
Une distinction importante s'impose: la question ne se résume pas à « peu de graisses » contre « beaucoup de graisses ». Lorsque l'apport calorique total est trop faible, la testostérone baisse de toute façon. Manger plus de glucides dans ce contexte de restriction calorique protège en partie contre les chutes hormonales, mais l'effet sur la testostérone elle-même n'était pas clairement mesurable. Cela suggère qu'un déficit énergétique pèse plus lourd que la part de graisses dans l'alimentation.
Un régime cétogène – très pauvre en glucides et riche en graisses – produit des effets variables chez les hommes qui font du sport. Le résultat dépend du type d'activité physique, de la masse musculaire et de la quantité de calories consommées. Chez les femmes souffrant du syndrome des ovaires polykystiques, ce régime abaisse la testostérone, ce qui est dans leur cas un bénéfice.
Une étude génétique a mis au jour un signal inattendu: les personnes qui consomment naturellement plus de sucre semblent avoir des niveaux plus élevés de testostérone biologiquement disponible. Les chercheurs eux-mêmes s'en sont déclarés surpris. Par ailleurs, un lien entre une consommation élevée de graisses et des anomalies des spermatozoïdes a été évoqué, mais les chiffres étaient entourés d'une telle incertitude qu'il est difficile d'en tirer quoi que ce soit de concret.
Cette réponse s'appuie sur deux grandes synthèses portant respectivement sur 6 et 11 études, complétées par une petite étude, une synthèse sur les régimes cétogènes (7 études) et une étude génétique. Les auteurs de la synthèse la plus récente et la plus large soulignent eux-mêmes que le nombre d'études reste faible et que la solidité de leurs conclusions est jugée faible – ce constat s'applique à toutes les analyses partielles. Les deux études principales se contredisant, l'incertitude s'en trouve encore accrue.