Tirzépatide ou sémaglutide : lequel fait le plus maigrir ?
Le tirzépatide entraîne de manière constante une perte de poids plus importante que le sémaglutide, mais les deux médicaments provoquent des troubles digestifs comparables. Discute du choix avec ton médecin, car il dépend de ta situation personnelle.
Le tirzépatide fait perdre davantage de poids que le sémaglutide, et plusieurs types de recherches le confirment. Dans l'essai SURPASS-2, une comparaison directe randomisée portant sur plus de 1 800 personnes atteintes de diabète de type 2, les participants recevant la dose maximale de tirzépatide (15 mg) avaient perdu en moyenne 5,5 kg de plus que le groupe sémaglutide après quarante semaines. Les doses plus faibles donnaient aussi de meilleurs résultats, mais moins marqués : 1,9 kg supplémentaire à 5 mg et 3,6 kg à 10 mg.
Ce constat est confirmé par plusieurs analyses portant sur de larges populations. Une méta-analyse en réseau (méthode statistique permettant de comparer indirectement plusieurs traitements) réalisée sur près de 24 000 personnes diabétiques de type 2 a montré que le tirzépatide surpassait le sémaglutide à chaque dose testée. Une autre analyse, conduite sur 15 000 personnes en surpoids ou obèses (pas nécessairement diabétiques), plaçait le tirzépatide 15 mg à plus de 16 % de perte de poids corporel, contre moins pour le sémaglutide 2,4 mg (la dose la plus élevée approuvée pour le traitement de l'obésité). Une étude observationnelle menée en conditions réelles sur plus de 18 000 personnes va dans le même sens : les utilisateurs de tirzépatide atteignaient plus de trois fois plus souvent une perte de poids de 15 % ou plus.
Pour les effets indésirables, le tableau est plus nuancé. Les nausées, diarrhées et vomissements surviennent à fréquence comparable avec les deux médicaments : grosso modo chez 15 à 22 % des utilisateurs. En revanche, l'essai SURPASS-2 a relevé des taux d'effets indésirables graves plus élevés avec le tirzépatide (5 à 7 %) qu'avec le sémaglutide (3 %). Les grandes méta-analyses en réseau n'ont pas retrouvé cet écart comme statistiquement significatif, mais c'est un point à surveiller et à aborder avec ton médecin.
Un bémol important : beaucoup de comparaisons ont utilisé les dosages du sémaglutide pour le diabète (jusqu'à 2 mg), et non la dose plus élevée pour l'obésité (2,4 mg). Les preuves issues de confrontations directes entre ces deux dosages précis restent donc limitées. Par ailleurs, les deux médicaments ne sont pas accessibles ou remboursés partout, et le choix dépend toujours de ta situation personnelle, d'un éventuel diabète et de ton profil de tolérance.
D'après un essai clinique randomisé avec comparaison directe (SURPASS-2, n=1 879), trois méta-analyses en réseau (n=15 584 à 39 246), une revue systématique avec méta-analyse, et une grande étude observationnelle (n=18 386). La plupart des comparaisons randomisées directes portent sur les dosages du diabète ; les données comparant spécifiquement le sémaglutide 2,4 mg (obésité) au tirzépatide sont moins directes.