Un cancer du foie peut se développer sans mutations de l'ADN, chez la souris
Le cancer commence toujours par des erreurs dans l'ADN. C'est la vision classique. Mais de nouvelles recherches chez la souris remettent en question cette idée : un cancer du foie peut se développer sans ces erreurs génétiques.
Des scientifiques se sont penchés sur un groupe de tumeurs hépatiques dépourvues des altérations habituelles de l'ADN. Ils ont cherché ce qui alimentait ces tumeurs. Leur hypothèse : une protéine appelée YAP1, qui régule l'activité des gènes, pourrait en être responsable.
Pour le vérifier, les chercheurs ont mis au point un modèle chez la souris. Ils ont activé YAP1 dans un petit nombre de cellules hépatiques. Le séquençage de l'exome entier a confirmé que les tumeurs formées ne contenaient aucune mutation de l'ADN liée au cancer. Ce que l'on a trouvé à la place, c'est une série de modifications de la méthylation de l'ADN. Ce processus consiste à ajouter ou retirer des groupements chimiques sur l'ADN, sans en changer la séquence génétique. Il s'agit de régulation épigénétique : le contrôle de l'activité des gènes sans toucher au code génétique lui-même. Ces modifications ont activé plusieurs gènes favorisant la croissance cellulaire, appelés oncogènes.
Un gène s'est révélé central
Le gène Tet1, impliqué dans le retrait de groupements méthyle sur l'ADN, a joué un rôle clé. Supprimer Tet1 a réduit la formation de tumeurs hépatiques chez les souris. Une analyse spatiale cellule par cellule a révélé une sous-population de cellules tumorales à forte activité de Tet1, interagissant avec d'autres types cellulaires du foie.
Ces résultats correspondent à des profils observés dans des tissus humains. Les patients atteints d'une maladie rare du foie liée à un flux sanguin anormal – la maladie hépatique associée à la circulation de Fontan – développent plus souvent un cancer du foie sans mutations classiques de l'ADN. Les mêmes profils moléculaires se trouvent élevés chez ces patients.
Une question ouverte sur le vieillissement
L'étude, publiée dans Communications Biology, soulève une question plus large : dans quelle mesure l'accumulation de modifications épigénétiques au cours du vieillissement contribue-t-elle au cancer ? Les auteurs la posent comme une question scientifique non résolue. L'équilibre entre mutations de l'ADN et modifications épigénétiques varie probablement selon le type de tissu et de cancer.
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Recherche par exemple :
- DNA methylation liver cancer
- epigenetic oncogene activation
- YAP1-TEAD tumor formation