Un médicament ciblant KRAS double presque la survie dans le cancer du pancréas
Le cancer du pancréas est l'un des cancers les plus meurtriers. La survie moyenne après le diagnostic se compte en mois, pas en années. Une nouvelle classe de médicaments semble changer la donne.
Johnson & Johnson débourse un milliard de dollars pour racheter la start-up Firefly Bio, spécialisée dans ce qu'on appelle les inhibiteurs de KRAS : des médicaments qui bloquent une protéine défectueuse précise dans les cellules cancéreuses. Cette acquisition fait suite à des résultats frappants obtenus avec un médicament similaire de Revolution Medicines. L'étude montre qu'un médicament ciblant KRAS a presque doublé la survie dans le cancer du pancréas métastatique par rapport au traitement standard.
KRAS est un gène qui code pour une protéine impliquée dans la croissance cellulaire. Les mutations de KRAS sont le moteur le plus fréquent de plusieurs types de cancers, dont le cancer du pancréas, du poumon et du côlon. Pendant des décennies, KRAS a été considéré comme « indruggable » : la structure de la protéine ne semblait offrir aucun point d'accroche utilisable par un médicament. Ces dernières années, des inhibiteurs efficaces ont pourtant été mis au point.
Pourquoi cela compte pour la longévité
Le cancer est l'une des principales causes de mort prématurée et de perte d'années en bonne santé. Le cancer du pancréas touche surtout les personnes de plus de soixante ans et provoque rarement des symptômes précoces. Un traitement efficace améliore non seulement la survie, mais aussi la qualité des années qui restent. Dans le domaine de la longévité, le traitement du cancer est un levier direct : repousser ou éviter une mort par cancer, c'est gagner du temps en bonne santé.
D'autres inhibiteurs de KRAS en développement
L'intérêt pour KRAS est largement partagé. Plusieurs entreprises pharmaceutiques développent des inhibiteurs ciblant différentes mutations de KRAS. Le rachat par Johnson & Johnson indique que le domaine arrive à maturité. Ce n'est pas une garantie de succès, mais cela confirme que les inhibiteurs de KRAS ne sont plus perçus par l'industrie comme un pari à haut risque.