Un métabolite bactérien intestinal accélère le vieillissement cérébral
Un composé fabriqué par des bactéries intestinales semble endommager le cerveau. Et plus on vieillit, plus sa concentration dans le sang augmente.
Des chercheurs ont établi un lien entre l'imidazole propionate, un métabolite produit par certaines bactéries intestinales, et un risque accru de maladie d'Alzheimer. L'étude a combiné des données provenant de 1 196 adultes cognitivement sains, de modèles murins et d'analyses génétiques. Les résultats ont été publiés dans Nature Communications.
Les personnes présentant des taux sanguins élevés d'imidazole propionate ont obtenu de moins bons scores aux tests cognitifs. Cette association s'est confirmée lors du suivi longitudinal des mêmes individus. Une analyse génétique a également relié un locus de risque connu pour Alzheimer, situé sur le chromosome 12, à la régulation de ce métabolite. Cela suggère que le patrimoine génétique influe en partie sur la quantité d'imidazole propionate produite par l'organisme.
Comment ce composé endommage-t-il les cellules cérébrales ?
Chez des souris exposées de façon chronique à l'imidazole propionate, la pathologie de type Alzheimer s'est aggravée. Le composé fragilise la barrière hémato-encéphalique, cette couche dense de cellules qui protège le tissu cérébral de la circulation sanguine. Il favorise également l'hyperphosphorylation de la protéine tau, un processus par lequel cette protéine subit des modifications chimiques et s'agrège à l'intérieur des neurones. Il s'agit de l'une des caractéristiques majeures de la maladie d'Alzheimer. Lorsque les chercheurs ont bloqué l'enzyme qui pilote ce processus (la glycogène synthase kinase-3β), l'effet a disparu.
Un microbiome intestinal vieillissant produit davantage de ce métabolite délétère
Avec l'âge, la composition du microbiome intestinal, c'est-à-dire l'ensemble des bactéries, champignons et virus présents dans les intestins, se modifie. Les bactéries productrices d'imidazole propionate ont tendance à se multiplier chez de nombreuses personnes. Ce métabolite représente donc une cible potentielle pour la prévention. Les chercheurs avancent que réduire sélectivement ses taux, par l'alimentation, les probiotiques ou des médicaments, pourrait influencer le risque de démence. Des essais cliniques devront toutefois confirmer que de telles interventions ciblées produisent réellement des effets chez l'humain.
Du point de vue de la science de la longévité, ces travaux sont remarquables parce qu'ils identifient une voie moléculaire concrète reliant le microbiome intestinal au vieillissement cérébral, en passant à la fois par l'affaiblissement de la barrière hémato-encéphalique et par l'agrégation de la protéine tau, deux processus depuis longtemps associés au déclin cognitif.
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Exemples de recherches :
- imidazole propionate neurodegeneration
- gut microbiome Alzheimer metabolite
- tau hyperphosphorylation gut bacteria