Un taux de B12 normal peut quand même nuire au cerveau vieillissant
Respecter les recommandations actuelles en vitamine B12 ne suffit peut-être pas à protéger le cerveau qui vieillit. Des chercheurs de l'UC San Francisco ont mis en évidence un déclin cognitif mesurable chez des personnes âgées dont le taux de B12 était pourtant considéré comme normal.
Les participants dont le taux de B12 active était bas, sans être cliniquement déficitaire, traitaient l'information visuelle plus lentement. Ils présentaient aussi davantage de lésions de la substance blanche, ce réseau de fibres nerveuses qui relie les différentes régions du cerveau. Ces changements sont apparus sans qu'aucun déficit officiel n'ait été diagnostiqué.
La vitamine B12 participe à la production de myéline, la gaine protectrice qui entoure les fibres nerveuses. Quand l'apport est insuffisant, ces fibres se dégradent. Le traitement de l'information ralentit et les performances cognitives baissent, même quand les analyses standard ne montrent aucune carence.
La B12 active compte plus que la B12 totale
L'un des résultats clés de l'étude porte sur la distinction entre la B12 totale et la B12 active dans le sang. La B12 totale inclut une forme liée que l'organisme ne peut pas utiliser. La fraction active, appelée holotranscobalamine, reflète ce qui est réellement disponible pour les cellules. Les analyses sanguines courantes mesurent habituellement la B12 totale, ce qui laisse souvent passer des insuffisances fonctionnelles.
Les personnes âgées sont particulièrement exposées. L'absorption de la B12 diminue avec l'âge, notamment parce que l'estomac sécrète moins d'acide. Les végétariens et les véganes sont aussi vulnérables, car la B12 se trouve presque exclusivement dans les produits animaux.
Des recommandations à revoir
Les chercheurs plaident pour des apports journaliers recommandés plus élevés et pour un dosage systématique de la B12 active chez les personnes âgées. Les seuils actuels ont été fixés principalement pour prévenir l'anémie, pas pour protéger spécifiquement le cerveau. Ces deux objectifs ne semblent pas correspondre aux mêmes valeurs.
Des essais d'intervention restent nécessaires pour savoir si augmenter l'apport en B12 chez les personnes en bas de la normale prévient ou inverse les lésions cérébrales. Les données actuelles justifient néanmoins de reconsidérer les seuils existants, en particulier pour les populations vieillissantes.
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