Une agence américaine finance l'édition génomique personnalisée contre les maladies rares
Des centaines de maladies rares ne disposent d'aucun traitement. Un programme du gouvernement américain investit désormais 160 millions de dollars dans sept équipes chargées de développer des thérapies par édition du génome adaptées à chaque patient.
L'édition génomique consiste à corriger des séquences précises d'ADN à l'intérieur des cellules d'un patient. Dans les maladies rares, le défaut génétique sous-jacent est souvent très spécifique et varie d'un petit groupe de patients à l'autre, voire d'un individu à l'autre. Cela rend le développement d'un médicament standard non rentable, et une thérapie universelle unique scientifiquement insuffisante.
ARPA-H, l'agence américaine de recherche en santé inspirée du modèle des grands défis technologiques, a annoncé que son programme THRIVE financera sept équipes distinctes travaillant sur des pathologies touchant différents systèmes organiques. Selon l'annonce officielle, chaque équipe devra lancer des essais cliniques dans un délai de trois ans, même si certaines pourraient démarrer plus tôt. Le détail des maladies ciblées et des cibles génétiques retenues n'est pas disponible dans le résumé publié.
Ce que cela implique pour la recherche sur le vieillissement
De nombreuses maladies génétiques rares accélèrent exactement les mêmes processus que ceux à l'œuvre dans le vieillissement normal : accumulation de dommages à l'ADN, agrégation de protéines mal repliées, dysfonctionnement mitochondrial et dérèglement immunitaire. Les enfants atteints de progéria ou de certaines maladies lysosomales de surcharge présentent ainsi des manifestations proches du vieillissement dès le très jeune âge. Si l'édition génomique se révèle efficace pour ces pathologies, elle offre un éclairage sur la façon dont ces mêmes voies moléculaires pourraient être modulées dans le cadre du vieillissement ordinaire.
Le principe plus large est lui aussi pertinent : des interventions génétiques personnalisées, calibrées selon chaque individu. C'est précisément la direction que prend la médecine de la longévité. À mesure que l'infrastructure pour la thérapie génique sur mesure dans les maladies rares se consolide, elle deviendra vraisemblablement plus accessible pour des applications liées à l'âge.
Des essais cliniques en trois ans : ambition raisonnable ou pari risqué ?
L'échéance de trois ans pour lancer des essais cliniques est très ambitieuse au regard des standards habituels du développement pharmaceutique, où le délai moyen s'étend de dix à quinze ans. ARPA-H fonctionne avec un financement conditionné à des jalons, assorti de la possibilité d'écarter les équipes qui ne les atteignent pas, selon le modèle de la DARPA appliqué à la recherche en défense. Des chercheurs du domaine s'interrogent déjà sur la compatibilité d'un tel rythme avec une évaluation rigoureuse de la sécurité.
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