Comment les hibernants préservent leurs muscles pendant des mois d'immobilité
Un ours reste immobile pendant des mois et en ressort en bonne forme physique. Ce mécanisme fascine les chercheurs qui étudient la longévité. La réponse réside dans une forme de commutation métabolique que les humains ne possèdent pas.
Pendant l'hibernation, des animaux comme les ours, les écureuils et les chauves-souris réduisent considérablement leur métabolisme. La fréquence cardiaque, la respiration et la température corporelle tombent à leur minimum. L'énergie provient presque entièrement des réserves de graisse. La revue de littérature explique comment c'est possible sans perte musculaire sévère ni atteinte des organes. Ces deux problèmes surviennent pourtant chez l'humain après quelques semaines de repos au lit.
Un mécanisme clé est le passage de la combustion des glucides à celle des graisses comme source d'énergie principale. Le tissu adipeux est mobilisé et converti en énergie utilisable par des processus finement régulés. En parallèle, la composition des graisses à l'intérieur des cellules se modifie : le rapport entre les types d'acides gras évolue de façon à rendre les cellules plus résistantes aux effets secondaires de l'oxydation des graisses.
L'énigme du stress oxydatif
Une combustion intense des graisses devrait normalement provoquer un stress oxydatif : des dommages causés par des molécules réactives d'oxygène, sous-produit de la production d'énergie. C'est ce que vivent les humains lors d'un jeûne ou d'un exercice intense. Pourtant, les animaux en hibernation présentent très peu de dégâts oxydatifs, même après des mois de combustion lipidique soutenue. Ils semblent disposer de systèmes robustes pour produire des antioxydants et réparer les molécules endommagées.