Le vieillissement cutané commence par une protéine antioxydante endommagée
La peau ne vieillit pas uniquement à cause du soleil ou du tabac. Au cœur même des cellules cutanées, une protéine chargée de prévenir les dommages finit par être endommagée à son tour. Cela déclenche une cascade de réactions difficile à interrompre.
Les cellules produisent en permanence des espèces réactives de l'oxygène (ERO) comme sous-produit de leur métabolisme. En temps normal, une enzyme appelée SOD1 les maintient sous contrôle. Mais avec l'âge, SOD1 peut elle-même être altérée par oxydation. Elle devient alors non seulement inactive, mais peut aussi former des espèces protéiques toxiques. Les chercheurs décrivent comment ce phénomène déclenche une réaction en chaîne dans les cellules cutanées : davantage de dommages oxydatifs, davantage de protéines perturbées et une capacité réduite à se réparer.
Un cercle vicieux dans les cellules de la peau
Au cœur de cette découverte se trouve une relation à double sens entre le contrôle de qualité des protéines (la protéostasie) et le fonctionnement des mitochondries. Les mitochondries sont les structures cellulaires qui produisent l'énergie. Lorsque SOD1 défaille, des protéines endommagées s'accumulent. Cette accumulation perturbe les mitochondries. Les mitochondries perturbées produisent à leur tour davantage d'ERO. Et ces ERO supplémentaires endommagent encore plus de SOD1. Le problème s'auto-entretient.
Dans les cellules cutanées, ce processus est particulièrement important, car la peau est exposée en continu à un stress oxydatif externe : rayonnement UV et pollution atmosphérique. L'étude de synthèse, publiée dans la revue Ageing Research Reviews, distingue soigneusement ce qui a été démontré directement dans les cellules cutanées de ce qui a été extrapolé à partir de recherches menées sur d'autres tissus. Cette nuance est essentielle : tous les résultats ne s'appliquent pas de la même façon à chaque type de cellule cutanée.
Les rides, aboutissement de réactions en chaîne cellulaires
Les signes visibles du vieillissement cutané -- rides, perte d'élasticité, altération de la fonction barrière -- résultent de modifications de la matrice extracellulaire, ce réseau de protéines situé entre les cellules. Ces modifications sont elles-mêmes provoquées par les réactions en chaîne qui se produisent à l'intérieur de la cellule. Cela suggère que le vieillissement cutané est plus profondément ancré qu'une simple usure de surface, et que les stratégies antioxydantes pourraient être plus efficaces lorsqu'elles ciblent des enzymes précises comme SOD1 plutôt que de miser uniquement sur des antioxydants généraux.
Des études cliniques montrant si la protection ou la restauration de l'activité de SOD1 ralentit effectivement le vieillissement visible de la peau font encore défaut.
Termes de recherche pour aller plus loin : SOD1 oxidative modification skin cells, proteostasis mitochondrial dysfunction aging, reactive oxygen species skin aging