Les recommandations d'activité physique sont peut-être bien trop basses
Le conseil standard de 150 minutes d'exercice par semaine pourrait sérieusement manquer la cible. De nouvelles données épidémiologiques suggèrent qu'il faut atteindre environ 600 minutes par semaine pour bénéficier d'une vraie protection contre les maladies liées à l'âge.
Les autorités sanitaires du monde entier recommandent 150 minutes d'activité physique modérée à intense par semaine. Le chiffre paraît accessible, mais les chercheurs avancent qu'il reflète ce que les gens acceptent de faire plutôt que ce dont le corps a réellement besoin.
La logique sous-jacente est évolutive. L'être humain a évolué dans des environnements qui exigeaient des déplacements quotidiens bien plus importants que ceux des pays riches et industrialisés d'aujourd'hui. Voitures, emplois sédentaires et appareils ménagers ont effacé l'essentiel de l'effort physique de la vie quotidienne. Il en résulte une population qui fonctionne bien en dessous de son niveau d'activité biologique de référence.
Les maladies cardiovasculaires comme étalon
L'étude se concentre sur les maladies cardiovasculaires, principale cause de décès dans les populations vieillissantes. Une activité plus élevée réduit l'inflammation chronique, améliore la sensibilité à l'insuline (la capacité des cellules à répondre à l'insuline) et maintient les vaisseaux sanguins plus élastiques. Ces bénéfices s'accumulent à mesure que le mouvement augmente. La courbe ne s'aplatit qu'aux alentours de 600 minutes par semaine.
Les études épidémiologiques suivent de grandes populations sur la durée et comparent leurs habitudes de mouvement aux résultats de santé. Cette approche a ses limites : les personnes qui font plus d'exercice ont souvent un mode de vie plus sain à d'autres égards. La cohérence observée entre plusieurs études rend toutefois l'association difficile à écarter.
Ce que cela signifie concrètement
Six cents minutes par semaine représentent environ 85 minutes par jour. Cela ne suppose pas nécessairement un sport structuré. La marche rapide, le vélo pour aller au travail et le jardinage comptent tous. Le message n'est pas que 150 minutes est nuisible, mais qu'il faut considérer ce seuil comme un plancher, non comme un objectif.
Pour quiconque aspire à une vie en bonne santé plus longue, ces travaux plaident clairement pour relever volontairement la barre. Non par obligation, mais par choix éclairé.