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Comment les taux d'hormones évoluent-ils au fil du cycle menstruel ?

Oui · Preuves solides

Les taux d'hormones suivent un schéma reconnaissable tout au long du cycle : l'œstrogène et la progestérone montent et descendent à des moments précis, avec un pic bref de LH autour de l'ovulation. Les différences entre femmes sont importantes, et la pilule contraceptive efface largement ce schéma.

Les variations hormonales les plus marquées concernent l'œstrogène, la LH et la FSH. Durant la première moitié du cycle – la phase folliculaire, qui s'étend des règles jusqu'à l'ovulation – l'œstrogène monte progressivement, tandis que la LH et la FSH restent basses. Juste avant l'ovulation, ces deux hormones connaissent un pic bref et prononcé : ce sont elles qui déclenchent l'ovulation, après quoi l'œstrogène redescend légèrement.

Après l'ovulation, la progestérone prend le relais. Durant cette seconde moitié du cycle – la phase lutéale – la progestérone et l'œstrogène remontent toutes les deux, avec la progestérone comme hormone dominante. En fin de phase lutéale, les deux chutent rapidement, ce qui déclenche les règles. Cette baisse rapide de l'œstrogène juste avant les règles semble provoquer la migraine menstruelle : l'œstrogène influe sur la sensibilité à la douleur dans le cerveau, et ce sont les fluctuations qui comptent, pas un niveau durablement élevé ou bas.

Autour de l'ovulation, les androgènes – testostérone et DHEA – sont légèrement plus élevés que pendant les règles, puis ils redescendent en phase prémenstruelle. Ces décalages restent faibles. La prolactine fluctue bien au cours du cycle, mais sans suivre de schéma reconnaissable ; elle semble indépendante des autres mouvements hormonaux. La DHEA-S, une hormone produite par les glandes surrénales, ne montre quant à elle aucune variation cyclique.

Malgré toutes ces fluctuations, aucune différence mesurable n'a été observée chez les femmes entraînées en matière de performances sportives, de sommeil ou de récupération entre les phases du cycle. Cela tient en partie au fait que les taux d'hormones varient considérablement d'une femme à l'autre, et même d'une phase à l'autre chez la même personne. Les femmes qui prennent la pilule contraceptive combinée voient ces fluctuations disparaître en grande partie : leur œstrogène, leur progestérone et leur testostérone restent quasi stables tout au long du cycle sous pilule.

Le tabagisme est associé à des taux hormonaux perturbés durant le cycle : tant le tabagisme actif que passif a été lié à des taux plus élevés d'œstradiol et de LH, ainsi qu'à des taux de progestérone augmentés en deuxième partie de cycle. Il s'agit d'une association, pas d'une relation de cause à effet établie, et les perturbations ne vont pas toujours dans le même sens. C'est néanmoins une raison de rester prudente, surtout pour les femmes qui ont déjà des troubles liés aux hormones.

Les preuves
8 études

Cette réponse repose sur deux revues de littérature approfondies et plusieurs études de plus petite taille menées chez l'être humain. Les profils de l'œstrogène, de la progestérone, de la LH et de la FSH sont cohérents et bien documentés. Les androgènes et les adipokines (hormones produites par le tissu graisseux) sont moins bien caractérisés ; les chercheurs eux-mêmes signalent une grande variabilité des taux hormonaux à l'intérieur de chaque phase (coefficients de variation de 28 à 95 %), ce qui rend difficile toute affirmation ferme sur les individus. Les preuves concernant le tabac et les hormones restent limitées et ne pointent pas toujours dans la même direction.

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