L'entraînement par intervalles (HIIT) est-il meilleur pour mon cœur que le cardio classique ?
Pour les patients cardiaques en réadaptation, le HIIT apporte en moyenne de meilleurs gains de condition physique que le cardio classique, mais ce bénéfice ne s'étend pas à toutes les maladies cardiaques. Si tu as un problème cardiaque, ne te lances jamais dans le HIIT sans avis médical préalable.
Chez les personnes atteintes d'une maladie coronarienne stable, le HIIT en réadaptation cardiaque améliore davantage la condition physique que l'effort modéré continu. Au bout de 8 semaines, la consommation maximale d'oxygène (un indicateur de ton endurance) progressait de plus de 2 ml/kg/min avec le HIIT, contre 1,3 ml/kg/min avec le cardio classique. L'écart peut sembler faible, mais il est à la fois cliniquement significatif et statistiquement solide.
Ce constat ne s'applique pas à tous les patients cardiaques. Dans une forme spécifique d'insuffisance cardiaque où la capacité de pompage du cœur reste relativement normale, aucune différence mesurable n'a été observée entre HIIT et cardio classique à 3 et 12 mois. Mieux encore : aucune des deux formes d'entraînement n'atteignait le seuil d'amélioration cliniquement utile chez ces patients. Le HIIT n'est donc pas un gagnant universel pour toutes les maladies cardiaques.
Après un accident vasculaire cérébral, le HIIT donnait à nouveau de meilleurs résultats à 12 semaines : près de 3,5 ml/kg/min de progression contre 1,7 ml/kg/min avec le cardio classique. Ce bénéfice n'était plus mesurable 8 semaines après l'arrêt de l'entraînement, ce qui indique que l'effet ne se maintient que si tu persévères dans l'intensité.
Sur le plan de la sécurité, plusieurs essais cliniques randomisés montrent que le HIIT est bien toléré par les patients cardiaques encadrés. Cependant, dans les études portant sur l'insuffisance cardiaque, des cas de syndrome coronarien aigu sont survenus dans tous les groupes d'entraînement, preuve que le risque n'est jamais nul. Les recommandations européennes sont claires : débuter le HIIT n'est envisageable qu'après une évaluation rigoureuse du risque cardiaque et, en cas de maladie cardiaque avérée, de préférence sous supervision médicale.
Chez les personnes en bonne santé ou en surpoids, le HIIT améliore aussi la sensibilité à l'insuline (la capacité des cellules à utiliser le sucre sanguin) et la condition physique générale. Mais dans ces populations, les preuves que cela surpasse le cardio classique sont bien moins solides que chez les patients cardiaques en réadaptation.
Toutes les affirmations reposent sur des essais cliniques randomisés et une revue de la littérature portant sur des populations spécifiques : maladie coronarienne, insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée et patients après un AVC. Aucune étude n'a été menée sur des personnes en parfaite santé et actives sans pathologie sous-jacente.