La combinaison glycine et NAC (GlyNAC) ralentit-elle le vieillissement ?
Le GlyNAC montre des résultats prometteurs sur le stress oxydatif, la fonction musculaire et l'inflammation dans une petite étude chez l'humain, mais les preuves sont encore trop fragmentaires pour justifier des recommandations solides.
Le GlyNAC associe deux acides aminés : la glycine et le NAC (N-acétylcystéine). Ensemble, ils permettent à l'organisme de produire du glutathion, l'un de ses antioxydants les plus puissants. En vieillissant, le corps en fabrique moins, ce qui favorise les dommages cellulaires, réduit la production d'énergie dans les cellules et augmente le risque de maladies liées à l'âge. Fait notable : les personnes âgées en excellente santé présentent des taux de glutathion plus élevés que leurs contemporains du même âge1.
L'essai clinique le plus solide chez l'humain est une étude contre placebo portant sur 24 participants âgés, suivis pendant 16 semaines2. Le groupe GlyNAC affichait en fin d'étude moins de dommages oxydatifs, un meilleur fonctionnement du métabolisme des graisses dans les cellules et de meilleures performances physiques : marche plus rapide, force musculaire accrue et meilleure endurance. Les marqueurs d'inflammation, la résistance à l'insuline et la fonction vasculaire s'amélioraient également par rapport au placebo. Ces résultats sont encourageants, mais avec 24 participants, ils restent préliminaires.
Un essai pilote plus petit, sans groupe de comparaison, a suivi 8 participants pendant 24 semaines3. Il rapportait des améliorations de la mémoire, de la concentration, de la composition corporelle et une réduction des dommages à l'ADN. Fait marquant : ces bénéfices disparaissaient dans les 12 semaines suivant l'arrêt du complément. Sans groupe contrôle, il est impossible d'exclure d'autres facteurs explicatifs ; les preuves issues de cet essai restent donc limitées.
Dans les deux études, le GlyNAC a été bien toléré et aucun effet indésirable grave n'a été signalé2,3. C'est rassurant, même si les groupes étaient petits et les durées de suivi courtes.
Le GlyNAC a aussi été étudié chez des personnes vivant avec le VIH, qui présentent un déficit en glutathion comparable. Mais les méthodes trop hétérogènes de ces travaux empêchent d'en tirer des conclusions fermes4. Il en va de même pour le vieillissement : des essais plus larges et plus longs sont nécessaires avant d'en attendre des effets importants.
Basé sur un essai clinique contrôlé chez l'humain (n=24, PMID 35975308), un essai pilote sans groupe contrôle (n=8, PMID 33783984), un article de synthèse sur le glutathion et le vieillissement (PMID 37683986) et un article de synthèse sur le VIH (PMID 41754089). Aucune méta-analyse disponible. Le nombre total de participants dans les recherches contrôlées reste faible.