Le sauna après le sport est-il bon pour la récupération ?
Aller régulièrement au sauna après le sport apporte probablement un bénéfice supplémentaire sur l'endurance et la pression artérielle, en complément des effets du sport lui-même. Le sauna après l'effort n'est pas nocif.
Après le sport, le sauna a un effet mesurable sur le cœur, mais il est de courte durée. Juste après une séance de sauna, le rythme cardiaque au repos est plus bas qu'avant (68 contre 77 battements par minute), et le système nerveux bascule plus vite vers la détente. Pourtant, une étude de huit semaines a montré que cet effet immédiat ne se traduit pas par une amélioration durable de la variabilité du rythme cardiaque – contrairement au sport lui-même, qui, lui, l'améliore.
Plus intéressant: ce que l'on observe après huit semaines de sport régulier combiné au sauna (15 minutes après chaque séance), par rapport au sport seul. Le groupe combiné a gagné davantage en endurance (+2,7 ml/kg/min d'absorption d'oxygène), a vu sa pression artérielle systolique baisser davantage (–8 mmHg) et a obtenu une meilleure réduction du cholestérol. L'étude ne portait que sur 47 participants, mais elle était bien conçue et ses résultats sont concrets.
Sur la récupération musculaire, le tableau est moins net. Une séance de sauna après l'effort ne provoque pas de fatigue musculaire supplémentaire, à condition que la température corporelle soit revenue à la normale deux heures plus tard. Les marqueurs de dommages cellulaires liés à l'effort ont donné des signaux contradictoires: l'un baissait dans les globules rouges, mais montait dans le plasma sanguin. Chez un petit groupe de sportifs de haut niveau, le sauna semblait amplifier la réaction de stress de l'organisme à l'effort par rapport à un traitement par le froid – mais l'étude ne permet pas de dire si cela accélère ou ralentit la récupération.
La chaleur a montré, dans des études chez l'animal et chez des personnes blessées, qu'elle pourrait aider à préserver la masse musculaire. Chez des sportifs en bonne santé et actifs, cet effet reste contesté et n'est pas établi. S'entraîner dix jours dans un environnement à 40 degrés améliore l'endurance de façon mesurable, mais cette situation est très différente d'une séance de sauna après l'entraînement.
Cette réponse s'appuie sur trois études bien conçues avec répartition aléatoire des participants, deux petites études sans cette répartition, une synthèse de la littérature et une étude sans groupe de comparaison. Les études avec répartition aléatoire sont petites – la plus grande comptait 47 participants sur huit semaines – ce qui limite la certitude des conclusions. Certains résultats proviennent d'études menées auprès de personnes ayant des facteurs de risque cardiovasculaire ou de sportifs de haut niveau, et ne s'appliquent pas forcément au sportif ordinaire. Sur la récupération musculaire, les preuves sont minces et reposent en partie sur des études chez l'animal.