Le sport peut-il vraiment améliorer tes niveaux hormonaux en vieillissant ?
Oui, le sport élève de façon démontrée plusieurs niveaux hormonaux chez les personnes de plus de 40 ans. Le bénéfice pratique le plus fort concerne le maintien musculaire : la musculation reste l'approche la plus efficace, quel que soit le type d'entraînement que tu choisis par ailleurs.
Chez les personnes de plus de 40 ans, le sport élève effectivement dans le sang plusieurs hormones dites anabolisantes : testostérone, hormone de croissance, IGF-1 (un facteur de croissance qui stimule la construction musculaire), SHBG et DHEA augmentent toutes de façon mesurable. Cela vaut aussi bien chez les hommes que chez les femmes, et que tu pratiques la musculation, l'endurance ou le fractionné, cela ne change pas grand-chose. Les effets varient toutefois beaucoup d'une étude à l'autre, selon la population étudiée et le protocole choisi.
Le tableau est moins clair pour le cortisol (l'hormone du stress) et l'insuline. Les études se contredisent sur la façon dont l'entraînement influence ces deux hormones chez les personnes âgées, et aucune réponse tranchée ne s'impose encore.
L'utilité concrète la plus solide concerne le maintien de la masse musculaire. En vieillissant, la testostérone et l'hormone de croissance diminuent, ce qui favorise la perte musculaire, appelée sarcopénie. L'inactivité, une alimentation insuffisante et l'inflammation chronique y contribuent aussi. Un programme de musculation ciblé sur plus de dix semaines apporte en moyenne environ 3 kg de masse musculaire supplémentaire et quelque 25 % de gain de force. C'est solidement démontré et sans doute le bénéfice santé le plus concret du sport pour les adultes vieillissants.
Un point supplémentaire mérite d'être connu : les nouveaux médicaments amaigrissants comme le sémaglutide entraînent, en plus de la perte de graisse, une perte musculaire notable, comparable à plus de dix ans de vieillissement accéléré. La musculation permet de limiter ce risque. Si tu utilises ce type de traitement, l'associer à une activité physique régulière devient donc particulièrement important.
La créatine, prise en complément d'un entraînement musculaire, semble bénéfique pour les muscles et les os chez les femmes ménopausées, mais les preuves sont plus minces que chez les hommes. De plus, deux auteurs de la principale étude sur ce sujet sont conseillers d'un fabricant de créatine, ce qui invite à interpréter ces résultats avec prudence.
Basé sur une revue systématique portant sur 33 études (PMID 34936049), plusieurs revues sur la sarcopénie (PMID 22955023, 15192443, 30065268), une méta-analyse récente sur les agonistes du GLP-1 et la masse musculaire (PMID 38687506), ainsi qu'une revue sur la créatine chez les femmes ménopausées avec conflits d'intérêts déclarés (PMID 33800439).