Les aliments ultratransformés : à quel point sont-ils nocifs, et que font-ils à ton corps ?
Une consommation élevée d'aliments ultratransformés est régulièrement associée à des risques accrus de maladies cardiovasculaires, de diabète, de dépression et de mortalité précoce. Les preuves sont observationnelles et pas toujours de haute qualité, mais les associations sont suffisamment larges pour faire de la réduction de leur consommation un choix raisonnable.
Manger beaucoup d'aliments ultratransformés est associé à un risque de décès toutes causes confondues supérieur de 21 %, et à un risque de mortalité cardiovasculaire supérieur de 50 %. Ce sont des chiffres conséquents, même si la qualité des études sous-jacentes est inégale et que ces résultats reflètent des associations, non des liens de causalité établis.
Le signal le plus solide concerne le diabète de type 2 : une relation dose-réponse et une analyse de risque directe pointent dans le même sens. Chaque palier supplémentaire de consommation est lié à un risque accru de 12 %, et une analyse séparée fait ressortir un risque plus élevé de 40 %. C'est le seul résultat de l'ensemble de l'analyse à atteindre un niveau de preuve 'modéré', ce qui en fait le mieux étayé. L'obésité suit un schéma comparable : risque supérieur de 55 %, y compris chez les enfants.
Les associations avec la santé mentale sont étonnamment marquées. Les grands consommateurs d'aliments ultratransformés présentent un risque d'anxiété supérieur de 48 % et un risque de symptômes dépressifs supérieur de 44 %. Des études de suivi montrent en outre qu'ils développent plus souvent une dépression par la suite, ce qui va au-delà d'un simple instantané. Un lien de causalité direct n'est toutefois pas démontré : la majorité des travaux dans ce domaine reposent sur des études transversales (c'est-à-dire des mesures réalisées à un seul moment dans le temps), ce qui impose de la prudence dans l'interprétation.
Pour le cancer, les chiffres sont préoccupants mais les preuves restent limitées. Une consommation d'aliments ultratransformés plus élevée de 10 points de pourcentage dans l'alimentation est associée à 13 % de cancers supplémentaires en général, 30 % de cancers colorectaux de plus et 49 % de cancers du pancréas de plus. Une grande partie de ces recherches s'appuie sur des données rétrospectives, ce qui réduit leur fiabilité. Aucune association n'a été trouvée pour le cancer de la prostate.
Les mécanismes par lesquels les aliments ultratransformés nuisent à la santé ne sont pas encore clairement élucidés. Trois pistes sont à l'étude : ils évincent des aliments plus nutritifs, ils présentent un profil défavorable en sel, sucre et graisses, et le processus industriel lui-même, avec des additifs comme les émulsifiants et les édulcorants, semble pouvoir altérer le microbiote intestinal et la paroi de l'intestin. Cette dernière hypothèse reste pour l'heure documentée principalement en laboratoire et chez l'animal, sans confirmation robuste chez l'être humain.
Toutes les affirmations reposent sur des études observationnelles et des méta-analyses (PMID 38418082, 35807749, 37866398, 37087831, 38388570, 35658669, 36542406). Le lien de causalité n'est pas établi pour la plupart des résultats. Le niveau de preuve GRADE va de 'faible' à 'modéré'.