L'oméga-3 prévient-il la dépression post-partum ?
Les compléments oméga-3 ne préviennent pas de façon démontrée la dépression post-partum, et les preuves restent trop faibles pour les recommander comme traitement. Face à des symptômes dépressifs après l'accouchement, mieux vaut consulter un professionnel de santé que miser sur des compléments alimentaires.
Les compléments alimentaires à base d'oméga-3 ne préviennent pas de façon démontrée la dépression post-partum chez les femmes en bonne santé. Plusieurs grandes analyses, dont une revue Cochrane, n'ont trouvé aucun effet préventif statistiquement significatif de l'huile de poisson riche en DHA ou en EPA par rapport à un placebo. La taille d'effet était proche de zéro.
Pour le traitement d'une dépression post-partum ou gestationnelle déjà installée, le tableau est légèrement moins tranché. Une analyse portant sur dix-huit études (plus de 4 000 femmes) a relevé un petit bénéfice chez les femmes déjà déprimées. Mais les résultats variaient fortement d'une étude à l'autre, et les intervalles de confiance étaient larges, ce qui rend difficile toute conclusion ferme.
Une analyse s'est penchée spécifiquement sur des compléments présentant un rapport EPA/DHA égal ou supérieur à 1,5. Chez les femmes souffrant d'une dépression légère à modérée pendant ou après la grossesse, cette formulation semblait légèrement plus efficace qu'un rapport neutre. Les effets indésirables (légers troubles digestifs) n'étaient pas plus fréquents qu'avec le placebo. Ces résultats reposent toutefois sur un petit nombre d'études de faible effectif.
Dans un essai clinique randomisé mené auprès de 59 femmes souffrant d'une dépression périnatale sévère – toutes suivaient également une psychothérapie –, l'oméga-3 (1,9 gramme d'EPA+DHA par jour) n'a apporté aucun bénéfice supplémentaire par rapport au placebo. Les deux groupes se sont améliorés, vraisemblablement grâce à la thérapie. Les chercheurs eux-mêmes soulignent que le faible effectif et la courte durée de l'essai ont pu empêcher de détecter un effet réel.
En cas de symptômes dépressifs pendant ou après la grossesse, il convient d'en parler à un médecin ou à une sage-femme. L'oméga-3 est sans danger pendant la grossesse et présente d'autres avantages pour le fœtus, mais comme traitement de la dépression post-partum, les preuves actuelles sont trop faibles pour s'y fier.
Cette réponse s'appuie sur plusieurs analyses systématiques d'essais randomisés, dont une revue Cochrane. Les preuves sont les plus solides pour la conclusion que l'oméga-3 n'a pas d'effet préventif : ce résultat est cohérent dans les analyses les plus larges et les plus rigoureuses. Les preuves d'un effet thérapeutique sur une dépression déjà installée sont moins homogènes et proviennent d'études aux résultats très disparates. Les chercheurs d'une analyse centrale reconnaissent eux-mêmes que les échantillons étaient peut-être trop petits, la durée trop courte et les doses trop faibles pour détecter ou exclure un effet réel. « Aucun effet trouvé » ne signifie donc pas « inefficacité certaine », mais cela ne justifie pas non plus de recommander l'oméga-3 à titre préventif.