Que fait la ménopause à ta flore intestinale ?
La ménopause s'accompagne de changements mesurables dans la flore intestinale, mais leur ampleur et leur portée concrète restent mal établies. Il n'existe actuellement aucune intervention prouvée agissant sur la flore intestinale pour en tirer un bénéfice pratique.
La ménopause entraîne des changements mesurables dans la flore intestinale, mais ils restent subtils. Au niveau des grandes familles de bactéries, peu de choses bougent. Au niveau des genres bactériens, des glissements existent : après la ménopause, certaines bactéries augmentent (dont Odoribacter et Bilophila), tandis que d'autres diminuent (comme Akkermansia muciniphila). Une grande étude portant sur 2 300 femmes latino-américaines a de plus montré que la flore intestinale des femmes ménopausées ressemblait davantage à celle des hommes, probablement parce que les deux groupes ont de faibles taux d'œstrogènes et de progestérone.
On ne sait pas encore avec certitude si la diversité globale de la flore intestinale diminue après la ménopause. Une revue systématique de trois petites études (156 participantes au total) n'a trouvé aucune différence significative. La grande étude latino-américaine, en revanche, observait une tendance vers moins de diversité. Les résultats se contredisent donc en partie.
Un maillon important est ce que les chercheurs appellent l'« estrobolome » : des bactéries intestinales produisent une enzyme qui convertit les œstrogènes dans l'intestin en une forme active, réabsorbée ensuite dans le sang. Après la ménopause, ce système pourrait se dérégler, abaissant encore davantage des taux d'œstrogènes déjà bas. Le mécanisme est biologiquement plausible et décrit dans plusieurs revues, mais un lien de cause à effet direct n'a pas encore été prouvé chez l'humain. Des expériences chez la souris montrent par ailleurs que la flore modifiée contribue elle-même à une prise de poids et à des perturbations métaboliques : des souris sans microbes, auxquelles on a transféré la flore de souris sans ovaires, ont grossi davantage et présenté des signes d'inflammation du foie.
Chez la souris toujours, la flore intestinale joue un rôle dans la perte osseuse après la ménopause. Les souris privées d'ovaires développaient une flore perturbée et perdaient de la masse osseuse ; éliminer cette flore avec des antibiotiques améliorait au contraire la densité osseuse. Ces résultats sont obtenus uniquement chez la souris et ne peuvent pas être traduits en recommandation pour les humains.
Modifier la flore intestinale via des probiotiques ou des prébiotiques est présenté dans la littérature comme une piste prometteuse pour traiter les symptômes de la ménopause. Mais les essais cliniques avec des résultats solides chez l'humain font pour l'instant totalement défaut. Il s'agit d'une hypothèse, pas d'un traitement validé.
Les données reposent sur une méta-analyse/revue systématique (petit échantillon), une grande étude observationnelle, plusieurs revues narratives et des expériences chez la souris. Aucun lien de cause à effet direct n'a été démontré chez l'humain. Aucun essai clinique randomisé n'est disponible dans les sources.