Une douche froide ou un bain de glace accélère-t-il ton métabolisme ?
L'eau froide accélère clairement le métabolisme pendant l'immersion, mais aucune donnée ne prouve encore chez l'humain un effet durable sur le poids ou le métabolisme en dehors du bain.
L'immersion dans l'eau froide augmente nettement le métabolisme, mais uniquement pendant l'exposition. À 14 °C, la production de chaleur a bondi de 350 % par rapport au repos ; à 20 °C, la hausse était de 93 %. En parallèle, le taux d'hormones de stress dans le sang a grimpé en flèche, ce qui montre l'effort intense que fournit ton corps pour maintenir sa température.
L'ampleur de cet effet dépend fortement de ta composition corporelle. Les personnes minces y réagissent jusqu'à quatre fois plus intensément que celles qui ont davantage de masse grasse. La graisse isole : ton corps a alors moins besoin de produire de la chaleur supplémentaire. Autrement dit, ceux qui bénéficieraient le plus d'un métabolisme accéléré sont précisément ceux qui en ressentent le moins l'effet.
Une partie de la réponse passe par le tissu adipeux brun, un type particulier de graisse qui brûle des calories sous forme de chaleur. Des essais cliniques menés chez de jeunes hommes ont montré que ce tissu s'activait chez presque tout le monde dès que la température ambiante baissait, mais son activité était nettement plus faible chez les personnes en surpoids. Des études chez la souris, complétées par quelques données humaines limitées, suggèrent que le froid pourrait aussi convertir une partie de la graisse blanche ordinaire en un type de graisse qui brûle également des calories, mais ce mécanisme n'est pas encore établi chez l'humain.
La vraie question, à savoir si des douches froides ou des bains de glace quotidiens augmentent durablement ton métabolisme ou entraînent une perte de poids en dehors de la salle de bain, reste sans réponse. Les effets mesurés ne s'appliquent qu'à la période d'exposition elle-même, et les données à long terme font totalement défaut dans les sources disponibles.
Les preuves reposent sur deux essais cliniques (PMID 10751106, 19357405), une étude non indexée séparément (PMID 3980397), deux revues de littérature (PMID 30496710, 33403891) et une étude incluant des données issues de résultats chez la souris (PMID 28346411). Aucune méta-analyse n'est disponible. Les effets à long terme n'ont pas été étudiés dans les sources fournies.