Une molécule protège le cartilage contre les surcharges mécaniques
Une vie de travail physique intense abîme le cartilage et provoque de l'arthrose. De nouvelles recherches suggèrent qu'une seule petite molécule peut ralentir ce processus.
L'arthrose liée aux surcharges mécaniques n'est pas une fatalité. Des chercheurs ont montré qu'une petite molécule d'ARN appelée miR-330 joue un rôle clé dans la façon dont les cellules du cartilage et de l'os réagissent aux contraintes mécaniques. Les microARN comme miR-330 sont de courtes séquences d'ARN qui régulent l'activité des gènes : ils indiquent aux cellules quelles protéines fabriquer et lesquelles bloquer.
Quand le cartilage subit des forces excessives, certaines voies de signalisation se dérèglent et les dommages cellulaires s'accumulent. L'étude montre qu'augmenter les niveaux de miR-330 peut contrecarrer ce processus. La molécule atténue la réaction délétère des cellules du cartilage à la surcharge et réduit l'inflammation articulaire.
Travail pénible et arthrose précoce
Des études remontant à 1980 ont documenté que les travailleurs de l'industrie lourde développent l'arthrose plus tôt que la moyenne, notamment au niveau de la colonne vertébrale et des grosses articulations. Cette découverte apporte une explication moléculaire à cette observation épidémiologique. Lorsque l'activité de miR-330 est trop faible, les cellules du cartilage perdent leur capacité à réparer efficacement les dommages causés par la surcharge.
Ces résultats ouvrent des pistes thérapeutiques ciblées. En principe, les niveaux de miR-330 pourraient être augmentés par des injections locales ou de nouveaux médicaments, afin de protéger le cartilage des personnes exerçant des métiers à risque ou présentant des signes précoces de dégénérescence articulaire. Des essais cliniques chez l'humain restent toutefois nécessaires avant toute application concrète.
Vieillissement et articulations
L'arthrose est aussi une maladie du vieillissement. Avec l'âge, le cartilage perd progressivement sa capacité à se réparer. Le rôle des microARN dans ce processus de réparation reste encore largement méconnu. Cette étude constitue un premier indice que la modulation ciblée de ces petites molécules d'ARN pourrait être utile dans les futurs traitements de la dégénérescence articulaire liée à l'âge.