La créatine est-elle utile pour tout le monde, pas seulement pour les sportifs ?
La créatine ne s'adresse pas qu'aux sportifs. Associée à un entraînement en résistance, elle aide les adultes plus âgés à gagner en force musculaire et, très probablement, à mieux préserver leur mémoire.
Le monohydrate de créatine est le mieux documenté chez les adultes plus âgés : il augmente la force musculaire et la masse musculaire, mais uniquement associé à un entraînement régulier en résistance d'au moins 12 semaines. Sans entraînement, l'effet est négligeable1,2.
Son effet sur le cerveau est frappant. Plusieurs études montrent que la créatine améliore la mémoire chez des adultes en bonne santé. Cet effet est le plus marqué entre 66 et 76 ans. Chez les jeunes de 11 à 31 ans, aucune différence n'a été observée. Le cerveau consomme énormément d'énergie, et la créatine y joue le rôle de réservoir énergétique au sein des cellules cérébrales3,4.
Chez les femmes ménopausées, la créatine présente un intérêt particulier. Leurs muscles contiennent naturellement 70 à 80 % moins de créatine que ceux des hommes, et la ménopause accélère la perte musculaire et osseuse. Une dose plus élevée de 0,3 gramme par kilogramme de poids corporel par jour, combinée à un entraînement en résistance, semble freiner ce déclin. Les effets sur la densité osseuse sont prometteurs, mais il faut probablement au moins un an avant qu'ils soient mesurables5.
Une petite étude portant sur 36 femmes en période de ménopause a montré qu'une dose plus faible de créatine (1 500 mg par jour pendant 8 semaines) améliorait le temps de réaction et augmentait les réserves de créatine dans le cerveau, sans effets indésirables graves. Cette étude reste très petite : ses résultats sont donc à considérer comme préliminaires6.
Plusieurs études menées chez des personnes âgées ne signalent aucun effet indésirable grave lié au monohydrate de créatine1,2. À noter : certains auteurs des méta-analyses favorables ont des liens avec des fabricants de créatine, ce qui peut orienter leurs conclusions. Chez les personnes en situation de handicap moteur, comme une lésion médullaire, les preuves sont contradictoires et insuffisantes pour formuler des recommandations7.
Fondé sur plusieurs méta-analyses et essais cliniques contrôlés (PMID 30762623, 33800439, 35984306, 40673730, 40971619, 40854087, 34208239). Le niveau de preuve va de modéré (effets musculaires et mnésiques chez les personnes âgées) à limité (petite étude chez les femmes en période de ménopause, para-athlètes). Des conflits d'intérêts potentiels avec des fabricants de créatine ont été identifiés chez certains auteurs des méta-analyses.