Le jeûne intermittent est-il bon pour ta santé intestinale ?
Pour les personnes en bonne santé et celles atteintes de syndrome métabolique, les preuves sont assez cohérentes : le jeûne intermittent influe favorablement sur les bactéries intestinales et les marqueurs d'inflammation. Si tu souffres d'une maladie intestinale chronique, parles-en d'abord à ton médecin, car les preuves font encore défaut pour ce groupe.
Dans un essai clinique randomisé mené chez des personnes atteintes de syndrome métabolique, le jeûne intermittent a augmenté la production d'acides gras à chaîne courte : des molécules qui nourrissent la paroi intestinale et freinent l'inflammation. Dans le même temps, les substances pro-inflammatoires d'origine bactérienne ont diminué dans le sang. Ces effets étaient statistiquement significatifs au bout de 8 semaines, les participants ayant mangé 69 % de calories en moins les jours de jeûne.
La composition des bactéries intestinales change aussi de façon notable. Un essai randomisé a montré des changements dans des familles bactériennes associées à un meilleur métabolisme. Une étude distincte portant sur 49 participants, sans groupe témoin, a constaté qu'un protocole 16:8 (16 heures de jeûne, 8 heures d'alimentation) augmentait la quantité de bactéries intestinales protectrices et donnait à ta flore intestinale une structure plus jeune. Faute de groupe témoin, ces résultats ne peuvent pas être attribués avec certitude au jeûne.
Pour les personnes souffrant d'une maladie intestinale chronique comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique, la situation est différente. Aucun essai randomisé n'a encore été réalisé avec l'alimentation en temps limité ou le jeûne alterné dans ce groupe. Le jeûne du ramadan n'a eu quasiment aucun effet sur l'inflammation intestinale chez ces patients. Les résultats chez la souris sont plus encourageants : un régime imitant le jeûne, de 4 jours et pauvre en calories, a réduit l'inflammation intestinale et stimulé le développement de bactéries protectrices. Une petite étude clinique chez l'humain a aussi retrouvé moins de marqueurs d'inflammation générale après trois cycles de ce régime, mais le chercheur principal a un intérêt financier dans une entreprise qui commercialise ce régime.
Associer le jeûne intermittent à une alimentation riche en protéines a amélioré les troubles intestinaux davantage qu'une simple réduction calorique classique, selon un essai randomisé de 8 semaines portant sur 41 participants. Cette étude était en partie financée par un acteur commercial, ce qui doit être pris en compte dans l'interprétation des résultats.
Ces conclusions reposent sur plusieurs essais cliniques randomisés chez l'humain, une méta-analyse de 20 études et quelques essais plus petits sans groupe témoin. Pour les personnes atteintes de maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, les preuves issues d'essais randomisés chez l'humain font défaut ; les données chez la souris sont positives mais pas directement transposables.