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Les scores de variabilité cardiaque et de « readiness » d'un wearable sont-ils vraiment fiables pour la santé ?

Preuves modérées

Un bon wearable mesure la fréquence cardiaque au repos de façon fiable, mais les scores de VFC et de readiness sont moins précis qu'ils n'y paraissent. Il vaut mieux les lire comme des tendances sur la durée, non comme un diagnostic quotidien.

La fiabilité d'un wearable dépend fortement de ce qu'on mesure, de l'appareil utilisé et de la façon dont on interprète les résultats. La fréquence cardiaque au repos est de loin la mesure la plus robuste : l'Oura Gen 3 et le Gen 4 s'écartent de moins de 2 % par rapport à un ECG de référence. Le WHOOP 4.0 s'en sort un peu moins bien (écart d'environ 3 %), tandis que Garmin et Polar affichent des erreurs plus importantes – la Polar Grit X Pro peut s'écarter de 16 % ou plus sur la variabilité de la fréquence cardiaque. Chez Polar, cet écart peut en outre varier fortement d'une nuit à l'autre : même si la moyenne semble correcte, une mesure isolée peut être très éloignée de la réalité.

La variabilité de la fréquence cardiaque (VFC) – c'est-à-dire la légère irrégularité du temps entre deux battements – que rapporte un wearable est techniquement différente de ce que mesurent les appareils médicaux. Les capteurs optiques au poignet analysent des signaux lumineux plutôt que des signaux électriques du cœur ; les résultats sont comparables, mais pas identiques. Avec une fréquence d'échantillonnage faible, ce qui est le cas de nombreuses montres, l'écart peut atteindre 20 %. L'Oura se distingue là aussi par sa précision (erreur d'environ 6 à 7 %). Une ceinture pectorale fonctionne bien au repos, mais dès l'effort intense, même les mesures de VFC des meilleurs modèles deviennent peu fiables.

Le suivi du sommeil est raisonnablement précis pour la durée totale : toutes les marques étudiées l'estiment avec une exactitude de 86 à 89 %. En revanche, pour distinguer le sommeil profond du sommeil paradoxal (ou sommeil de rêve), la précision chute à seulement 50 à 65 %. C'est trop faible pour tirer des conclusions pertinentes nuit par nuit.

Le score de « readiness » – que les wearables calculent à partir de la VFC et du sommeil – prédit très mal la forme ressentie le lendemain. Dans une étude menée chez des militaires, la VFC nocturne n'expliquait que 3 % des variations de forme physique ressentie ; la forme mentale n'était tout simplement pas prédite. Une petite étude chez des policiers a montré que la durée de sommeil était un prédicteur légèrement plus constant que la VFC, mais les liens variaient fortement d'une personne à l'autre.

En pratique, un bon wearable mesure correctement la fréquence cardiaque au repos – en particulier l'Oura ou l'Apple Watch. La VFC et la classification des phases de sommeil sont utiles comme signal sur plusieurs semaines ou mois, mais il ne faut pas accorder trop de crédit à une nuit isolée ou à un score de readiness. La mesure de la dépense énergétique reste peu fiable sur toutes les marques, Apple Watch comprise. Aucun appareil grand public ne remplace un équipement clinique pour des décisions médicales.

Les preuves
8 études · 1 méta-analyse

Ces conclusions s'appuient sur plusieurs sources : des études comparatives plaçant des wearables face à un ECG de référence (13 adultes en bonne santé, sur 536 nuits), une synthèse systématique portant sur l'Apple Watch (56 études regroupées), une revue systématique sur plusieurs wearables en conditions de laboratoire, ainsi que de petites études chez des militaires et des policiers. Les preuves sont les plus solides pour la fréquence cardiaque au repos et la VFC (comparaisons multiples, appareils de référence validés). Pour les scores de readiness et les phases de sommeil, les études sont plus petites et le nombre de participants reste faible, ce qui limite la généralisation des résultats.

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